Téhéran affiche sa méfiance envers Washington tout en proposant une feuille de route pour la paix

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
Téhéran affiche sa méfiance envers Washington tout en proposant une feuille de route pour la paix

Le président iranien Masoud Pezeshkian a exprimé un scepticisme profond quant à la fiabilité des négociations avec les États-Unis, citant l'historique des sanctions et des attaques subies par son pays. Malgré cette défiance affichée, Téhéran a transmis une proposition concrète visant à mettre fin au conflit en cours et à rouvrir le détroit d'Ormuz en moins d'une semaine.

Une feuille de route en sept jours

En marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, le président Pezeshkian et son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ont détaillé un plan de désescalade ambitieux. Ce protocole prévoit, sur une période de sept jours, la levée du blocus naval imposé par Washington, l'abandon des sanctions sur les exportations pétrolières iraniennes, le dégel de 12 milliards de dollars d'actifs iraniens et l'instauration d'un cessez-le-feu régional. En contrepartie, l'Iran s'engage à rouvrir le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, et à entamer des discussions sur son programme nucléaire.

La souveraineté régionale au cœur du discours

Le chef de l'État iranien a réfuté toute responsabilité dans la fermeture du détroit, qualifiant cette mesure de « réponse naturelle » aux restrictions imposées par les forces américaines. Il a plaidé pour une architecture de sécurité régionale fondée sur la coopération entre pays voisins, rejetant le rôle de « gendarme régional » attribué aux États-Unis. Selon lui, la stabilité du Moyen-Orient ne pourra être garantie que par une solidarité accrue entre les nations islamiques, citant notamment le rôle potentiel de l'Arabie saoudite dans cette dynamique d'unité.

Résilience interne et enjeux diplomatiques

Face aux pressions économiques et militaires, Masoud Pezeshkian a réaffirmé la cohésion du système politique iranien, démentant les rumeurs de divisions internes. Il a souligné que les tentatives de déstabilisation orchestrées par les « ennemis » de l'Iran ont échoué à briser l'unité nationale. Concernant les tensions au Yémen, le président a appelé au dialogue entre les Houthis et les forces soutenues par Riyad, affirmant que Téhéran ne cherche pas à attiser les conflits, mais privilégie une résolution diplomatique des différends régionaux.

Un dialogue sous haute tension

La médiation est actuellement assurée par le Qatar et le Pakistan, qui transmettent les messages entre Téhéran et Washington. Le succès de cette initiative dépend désormais de la volonté américaine de clarifier sa position sur un mémorandum d'entente conclu en juin dernier, mais resté lettre morte. Pour Téhéran, le retour à la table des négociations demeure conditionné par une reconnaissance du droit international et l'arrêt des hostilités, alors que le pays continue de subir les conséquences d'un conflit ouvert depuis février dernier.

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