Techniciens du cinéma au Sénégal : l’urgence d’un statut pour briser la précarité et les quêtes médicales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
Techniciens du cinéma au Sénégal : l’urgence d’un statut pour briser la précarité et les quêtes médicales

Face à l’absence de protection sociale et à la précarité endémique, les techniciens de l’audiovisuel et du cinéma sénégalais montent au créneau. Portés par l’Association des Techniciens de l’Audiovisuel et du Cinéma du Sénégal (ATACS), ils exigent un statut spécifique pour mettre fin aux quêtes médicales et aux abus des producteurs.

Un secteur sans filet social malgré les cotisations

Derrière les plateaux de tournage et les studios, des centaines de techniciens œuvrent sans filet de sécurité. Malgré leurs cotisations aux mécanismes sociaux, leur situation reste précaire : absence de convention collective, maladies non prises en charge, et recours systématique aux quêtes pour financer les soins. « Quand un technicien tombe malade, on est obligé de faire des quêtes pour subvenir à ses besoins », dénonce Amath Niane, président de l’ATACS. Une indignité que les professionnels refusent de normaliser.

L’indépendance n’est pas une excuse à l’exclusion

Les techniciens du cinéma sénégalais se revendiquent comme des travailleurs indépendants, mais refusent que cette indépendance serve de prétexte à leur exclusion des droits sociaux. « Nous sommes des travailleurs comme tous les autres. L’indépendance n’est pas synonyme de laisser pour compte », martèle Amath Niane. Leur combat porte sur la reconnaissance de leur statut réel, souvent masqué par des contrats précaires ou des engagements informels avec les producteurs.

Réforme du Code du travail : une fenêtre pour changer la donne

L’ATACS mise sur la réforme en cours du Code du travail et de la sécurité sociale pour imposer un cadre juridique adapté. Les professionnels réclament des textes clairs, assortis de décrets d’application, qui encadrent leurs activités et protègent leurs droits face aux employeurs. « On veut plus de cette quête », insiste Amath Niane, soulignant l’urgence d’une protection sociale effective. Sans cela, le secteur risque de voir ses talents s’exporter ou disparaître, faute de stabilité.

Un appel aux autorités pour une réponse concrète

L’association interpelle directement les pouvoirs publics afin que les nouvelles dispositions intègrent pleinement les réalités des métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Pour les techniciens, il ne s’agit pas seulement d’une question de dignité, mais aussi de survie économique. Leur mobilisation pourrait bien forcer une avancée majeure dans un domaine où l’art et l’industrie se heurtent encore trop souvent à l’injustice sociale.

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