La justice tchadienne s'est saisie d'une affaire de mutilation génitale féminine après le dépôt de plainte d'un père contre son ex-épouse. Cet acte, réalisé sur une enfant alors âgée de trois ans sans le consentement du parent, met en lumière la persistance de cette pratique malgré son interdiction légale dans le pays.
Une action en justice pour mutilation génitale
Le 3 novembre 2026, Mahamat Tahir Moustapha a officiellement saisi les autorités policières à l'encontre de son ex-épouse, Mariam Youssouf Seid. Le plaignant dénonce l'excision subie par leur fille, Zenab Mahamat Tahir, alors que celle-ci n'avait que trois ans. Selon les déclarations du père, l'intervention a été effectuée à son insu, alors qu'il se trouvait en mission hors du territoire national. Cette démarche judiciaire vise à faire reconnaître la responsabilité pénale de la mère dans cette atteinte à l'intégrité physique de l'enfant.
Détention préventive et expertise médicale
À la suite du dépôt de plainte, Mariam Youssouf Seid a été interpellée et auditionnée par la coordination de la Police judiciaire le 4 novembre. Elle a été placée en détention préventive, une mesure conservatoire destinée à sécuriser l'enquête en cours. Les autorités ont ordonné la réalisation d'une expertise médicale sur la fillette afin de documenter précisément les faits. Les résultats de cet examen seront déterminants pour la suite de la procédure et le transfert du dossier devant les instances judiciaires compétentes.
Le poids de la loi face aux pratiques persistantes
Le père de la victime a publiquement rappelé que l'excision est formellement prohibée par la législation tchadienne. Au-delà de l'aspect juridique, il souligne les risques sanitaires et les séquelles à long terme que cette mutilation impose à sa fille. Ce cas illustre les défis persistants auxquels font face les autorités et la société civile pour éradiquer les mutilations génitales féminines, une pratique qui demeure un enjeu majeur de santé publique et de protection des droits des mineures au Tchad.