Une mission administrative d’envergure s’est ouverte dans la sous-préfecture du Lac-Iro, au Tchad, pour évaluer les dysfonctionnements des centres de santé et restaurer la confiance des populations dans les soins officiels. Lancée le 1er septembre 2026 pour une durée de trois semaines, cette tournée vise à identifier les obstacles structurels et comportementaux qui entravent l’accès aux soins, tout en renforçant le contrôle des structures sanitaires illégales.
Des centres de santé sous tension : manque de moyens et fréquentation en baisse
Sept centres de santé de la sous-préfecture du Lac-Iro font l’objet d’une évaluation approfondie par les autorités administratives et traditionnelles. Les responsables sanitaires ont pointé du doigt une fréquentation insuffisante des formations officielles, attribuée en partie à la méfiance des populations envers les soins modernes. Beaucoup se tournent vers des vendeurs ambulants de médicaments, des guérisseurs traditionnels ou des praticiens non autorisés, malgré les risques sanitaires encourus. La situation est particulièrement critique pour la santé maternelle : les consultations prénatales, pourtant vitales pour prévenir les complications, sont boudées par une majorité de femmes enceintes.
Des contraintes structurelles aggravantes
Les équipes sanitaires font face à des défis majeurs : un personnel médical et d’appui insuffisant, des ressources financières limitées, et une prolifération de salles de soins informelles dans plusieurs villages. Ces dernières, souvent dépourvues de normes d’hygiène ou de qualification, exposent les patients à des risques accrus. Le sous-préfet Doumhassem Gedéon a souligné l’urgence de réguler ces pratiques, rappelant l’existence d’une note circulaire interdisant l’ouverture anarchique de structures de soins. « Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par les textes en vigueur », a-t-il averti lors de sa visite au centre de santé de Bohobé.
Une mobilisation conjointe pour restaurer la légitimité des soins officiels
Pour inverser la tendance, les autorités misent sur une sensibilisation accrue des populations, en collaboration avec les chefs traditionnels et les responsables communautaires. L’objectif est double : convaincre les habitants de privilégier les centres de santé officiels et les inciter à participer aux consultations prénatales. La mission, qui se poursuivra jusqu’au 19 septembre, prévoit des étapes clés, dont une visite programmée le 3 septembre au centre de santé de Boli. Cette approche intégrée, combinant contrôle administratif et dialogue communautaire, pourrait servir de modèle pour d’autres régions du Tchad confrontées à des défis similaires.