Tchad : le gouvernement interdit la marche des diplômés sans emploi, révélateur d’un chômage juvénile record

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Tchad : le gouvernement interdit la marche des diplômés sans emploi, révélateur d’un chômage juvénile record

Le ministère de la Sécurité publique et de l’immigration du Tchad a suspendu, par arrêté du 1er septembre 2026, la manifestation prévue le 9 septembre par les diplômés sans emploi. Cette décision intervient dans un contexte où le chômage des jeunes atteint des niveaux record, menaçant la stabilité sociale et économique du pays.

Décret du 1er septembre et motivations sécuritaires

Les autorités ont justifié l’interdiction par le risque potentiel de troubles à l’ordre public. Le texte de l’arrêté, publié le 1er septembre, prohibe toute marche ou sit‑in à l’échelle nationale, invoquant la nécessité de préserver la paix sociale alors que le pays fait face à une pression accrue sur le marché du travail.

Réaction du Collectif des diplômés sans emploi

Le collectif, qui organise les revendications des jeunes diplômés, a dénoncé la mesure comme une atteinte à la liberté d’expression et de réunion. Il a annoncé l’annulation du sit‑in prévu, tout en appelant ses « cellules provinciales » à rester actives pour exiger l’intégration professionnelle des diplômés. Cette mobilisation montre la persistance d’un sentiment d’exclusion parmi les jeunes qualifiés.

Statistiques alarmantes du chômage des jeunes au Tchad

Les données de la Banque mondiale indiquent qu’en 2022, 37 % des jeunes tchadiens n’étaient ni en emploi, ni en formation, ni en études. Chez les 15‑24 ans, le taux d’inactivité frôle les 60 %. Environ 75 000 diplômés restent sans emploi plusieurs années après l’obtention de leur diplôme, soulignant un déséquilibre structurel entre l’offre de formation et la demande du marché.

Vers une informalisation croissante du travail des diplômés

Face à ces obstacles, de nombreux diplômés se tournent vers le secteur informel. Le témoignage d’Aggé, anthropologue de 32 ans, illustre ce phénomène : après quatre ans de recherche d’un poste correspondant à sa formation, il exerce comme conducteur de mototaxi. Cette reconversion temporaire ou permanente vers des activités précaires reflète une adaptation forcée qui risque d’affaiblir la productivité et la compétitivité du pays à long terme.

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