Près de dix personnes ont été incarcérées à Bitkine, dans le département d'Abtouyour (province du Guéra), au Tchad, après la diffusion de vidéos montrant des actes de séquestration et de torture. Ces violences ont déclenché des affrontements meurtriers avant un retour progressif au calme dans cette région du centre-est du pays.
Arrestations et réponse judiciaire
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Abtouyour, Galiya Dogo Hassaballah, a confirmé l'authenticité des faits reprochés. « Ces vidéos dans lesquelles des gens ont ligoté des personnes, séquestré et battu, nous avons été comme tout le monde indignés », a-t-il déclaré. Le magistrat a précisé que les suspects interpellés sont actuellement détenus à la maison d'arrêt de Bitkine, tandis que les forces de sécurité continuent de rechercher d'autres impliqués. « Tous les auteurs, coauteurs et complices vont répondre de leurs actes et subir la rigueur de la loi », a-t-il averti.
Une dispute locale devenue drame collectif
Les violences trouvent leur origine dans une altercation entre jeunes habitants. Selon les informations recueillies, la découverte du numéro d'un garçon dans le téléphone d'une jeune fille a provoqué la colère de ses frères, qui ont interpellé et violenté le jeune homme concerné. La situation a rapidement dégénéré, provoquant des affrontements urbains qui ont fait au moins un mort et plusieurs blessés, admis à l'hôpital du district sanitaire de Bitkine.
Retour au calme et appels au dialogue
Face à l'escalade, le délégué général du Gouvernement auprès de la province du Guéra, le général Abdoulaye Ibrahim Siam, s'est rendu sur place pour favoriser le dialogue et contribuer à l'apaisement. L'Association des Jeunes Unis du Guéra (AJUG) a condamné les actes de torture, jugés contraires à la dignité humaine et aux valeurs du vivre-ensemble. Elle demande aux autorités judiciaires une enquête impartiale et plaide pour une prise en charge médicale, psychologique et juridique des victimes. Le calme est revenu à Bitkine, où autorités et leaders communautaires poursuivent les discussions pour consolider la paix sociale.