Alors que l'aide publique au développement (APD) subit sa plus forte contraction jamais enregistrée, une nouvelle étude scientifique souligne le potentiel vital d'une réforme de la fiscalité mondiale. En ciblant les patrimoines les plus élevés, les États pourraient compenser le désengagement financier des donateurs et prévenir des millions de décès évitables d'ici 2030.
Un recul sans précédent de l'aide internationale
Le financement de l'aide humanitaire et du développement traverse une crise majeure. En 2024 et 2025, les principaux pays donateurs ont réduit leur APD de près d'un quart, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu'en 2026. Ce désengagement, alimenté par l'endettement croissant des nations et la réaffectation des budgets vers les dépenses militaires, menace directement les systèmes de santé, d'éducation et d'assainissement dans 59 pays à revenu faible ou intermédiaire. Selon les projections des chercheurs, cette baisse pourrait entraîner 7,6 millions de décès supplémentaires d'ici 2030, dont 1,4 million d'enfants de moins de cinq ans.
Le levier fiscal comme solution de survie
Face à ce constat, l'étude explore des alternatives basées sur la redistribution des richesses. Avec plus de 3 000 milliardaires détenant une fortune cumulée record de 17 400 milliards d'euros, les chercheurs estiment qu'un impôt de 3 % sur ces patrimoines permettrait d'éviter jusqu'à 29,5 millions de décès sur la période. D'autres mécanismes, tels qu'une taxe sur les transactions financières ou un impôt minimum mondial sur les multinationales réalisant plus de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires, présentent également un potentiel significatif pour stabiliser le financement mondial.
Une dynamique politique en quête de consensus
La question de la taxation des ultra-riches gagne en visibilité dans les débats internationaux. Si certains pays comme l'Espagne ont déjà instauré des impôts de solidarité sur la fortune, d'autres nations débattent de mesures similaires, malgré des résistances législatives notables. Fait marquant, cette exigence de justice fiscale est désormais portée par une partie des élites économiques elles-mêmes, des centaines de millionnaires ayant appelé les gouvernements à accroître la pression fiscale sur les plus grandes fortunes lors du Forum économique mondial de Davos. Ces propositions, bien que théoriques, offrent une base de réflexion concrète pour répondre aux inégalités extrêmes et aux besoins humanitaires urgents des populations les plus vulnérables.