L'entreprise Tarmac, spécialisée dans la maintenance et le démantèlement d'aéronefs, a diversifié son activité avec le lancement de sa filiale Tarmac Legacy. Cette initiative permet de valoriser les composants d'avions en fin de vie, transformant des pièces autrefois destinées au rebut en objets de décoration, mobilier ou éléments architecturaux.
Une seconde vie pour les composants aéronautiques
Lorsqu'un avion arrive au terme de son cycle d'exploitation, une grande partie de ses composants est retirée du circuit aéronautique. Si les éléments critiques sont réutilisés, de nombreux objets — des hublots aux trolleys, en passant par les cockpits et les sections de fuselage — restaient jusqu'ici inutilisés. Tarmac Legacy a structuré une offre commerciale autour de ces pièces, comptant aujourd'hui une centaine de références. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie de valorisation plus large, alors que l'entreprise affiche un taux de recyclage de 94 % sur ses sites de démantèlement.
Des applications allant du design à l'architecture
Le catalogue attire une clientèle internationale variée, avec plus de 150 commandes enregistrées en une année. Les usages sont multiples : si les particuliers s'intéressent aux objets de décoration comme les horloges conçues à partir de hublots, des projets d'envergure utilisent ces matériaux pour des aménagements insolites. Des sections de fuselage d'A380 ont par exemple été reconverties en persiennes pour des infrastructures sportives, tandis que des cockpits entiers sont réhabilités pour des espaces de travail ou des lieux de vie atypiques.
Développement des capacités d'upcycling
Pour accroître la valeur ajoutée de ces matériaux, Tarmac Legacy investit dans des compétences internes dédiées à l'upcycling. Des équipes basées à Tarbes et Teruel travaillent à la transformation et au polissage de ces pièces, tout en veillant à supprimer les marquages identifiables des compagnies aériennes. L'entreprise cherche désormais à passer à une échelle supérieure en collaborant avec des artistes et en ciblant des partenariats avec des institutions culturelles ou des comités d'entreprise du secteur aéronautique. Cette montée en puissance vise à transformer une activité initialement anecdotique en un levier pérenne de l'économie circulaire appliquée à l'aviation.