Tarification des soins : l'urgence d'une réforme pour éviter l'effondrement du système

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
Tarification des soins : l'urgence d'une réforme pour éviter l'effondrement du système

Vingt ans sans révision : la tarification nationale de référence des soins, toujours figée depuis 2006, creuse l’écart entre les honoraires pratiqués et les remboursements, poussant les patients à renoncer aux soins essentiels.

Un barème obsolète aux conséquences dramatiques

Adoptée en 2006, la tarification nationale de référence (TNR) sert de base aux calculs des remboursements de la CNSS, de la CNOPS et d’autres organismes d’assurance maladie. Pourtant, ce barème n’a jamais été actualisé, malgré une convention prévoyant une révision tous les trois ans. Les honoraires des médecins privés, eux, ont suivi l’inflation : une consultation en médecine générale coûte désormais entre 200 et 300 dirhams, contre 80 dirhams remboursés, et jusqu’à 500 dirhams en psychiatrie, alors que le remboursement reste fixé à 150 dirhams. Ce décalage se traduit par un reste à charge écrasant pour les assurés, qui financent près des deux tiers de leurs frais médicaux.

Les conséquences sont tangibles : 41,5 % des Marocains renoncent aux soins, un taux qui atteint encore 36 % parmi les personnes couvertes par une assurance maladie. Les maladies chroniques, comme le diabète, évoluent vers des complications plus lourdes faute de suivi médical régulier. Les dépenses de santé deviennent « catastrophiques » lorsqu’elles dépassent 10 % du budget d’un ménage, exposant les familles à un risque de précarité durable après une hospitalisation ou une maladie grave.

Réformer pour sauver l’accès aux soins

Les professionnels de santé, médecins et kinésithérapeutes en tête, alertent sur l’urgence d’une révision de la TNR. L’objectif est double : aligner les remboursements sur le coût réel des soins et réduire le reste à charge des assurés. Sans cette réforme, le système de santé risque de s’effondrer sous le poids des consultations reportées, des traitements interrompus et des pathologies aggravées par le manque de moyens. Les prochains arbitrages gouvernementaux seront scrutés de près, car ils détermineront si les Marocains pourront enfin accéder aux soins sans que leur situation financière ne devienne un obstacle insurmontable.

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