Le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale exhorte la Tanzanie à mettre fin aux expulsions forcées des Massaï et à enquêter sur les abus des forces de l'ordre. Dans une région emblématique comme le Ngorongoro, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, les projets de développement touristique menacent directement les terres ancestrales de cette communauté autochtone.
Des terres ancestrales au cœur d’un conflit écologique et social
Les Massaï, installés depuis des générations dans la région du Ngorongoro, font face à une pression croissante des autorités tanzaniennes. Celles-ci justifient les déplacements par la nécessité de préserver les écosystèmes et de limiter l’impact des troupeaux sur la faune sauvage. Pourtant, les communautés indigènes rejettent cette argumentation, dénonçant une stratégie déguisée pour favoriser l’expansion du tourisme, notamment les safaris et les chasses privées. La région, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, abrite une biodiversité unique, mais aussi des populations dont le mode de vie traditionnel est directement menacé.
Des rapports controversés et des promesses non tenues
Fin 2024, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan avait annoncé la création de deux commissions d’enquête sur la relocalisation des Massaï. Le premier rapport, rendu public en avril 2026, portait sur l’usage des terres dans la zone de conservation du Ngorongoro, tandis que le second analysait la politique de déplacement déjà en cours depuis 2021. Ces documents, critiqués par les défenseurs des droits humains, sont accusés de servir de couverture à une opération visant à libérer des espaces pour des infrastructures touristiques. En janvier 2026, la ministre des Ressources naturelles et du Tourisme avait même annoncé un quasi-doublement du nombre de lits disponibles dans la zone, confirmant les craintes d’une priorité donnée au secteur touristique.
L’ONU exige des mesures immédiates contre les abus
Le Comité de l’ONU a vivement réagi aux informations faisant état d’arrestations arbitraires et de détentions de Massaï opposés à leur relocalisation. Dans un communiqué, il a exigé que la Tanzanie « mette immédiatement fin aux expulsions forcées » et « s’attaque aux abus signalés de la part des forces de l’ordre ». L’instance onusienne a également appelé le gouvernement à rendre publiques les recommandations des deux rapports, soulignant l’urgence de protéger les droits des communautés autochtones. Ces demandes s’inscrivent dans un contexte où les tensions entre développement économique et préservation des droits humains atteignent un point critique.