Le ministre nigérian des Finances et coordinateur de l'économie, Taiwo Oyedele, a fermement déconseillé l'instauration de nouvelles taxes pesant sur les ménages précaires et les secteurs productifs. En marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, il a souligné la nécessité d'un équilibre délicat entre mobilisation des recettes et préservation du pouvoir d'achat dans un contexte d'inflation mondiale.
Priorité à la protection des plus fragiles
Pour le ministre, qui préside également le Groupe des Vingt-Quatre (G-24), le moment est inopportun pour alourdir la charge fiscale des populations vulnérables. Il rappelle que toute ponction fiscale supplémentaire sur ces segments de la société réduit directement leur capacité à subvenir à des besoins essentiels tels que l'alimentation, la santé et l'éducation. Selon lui, les gouvernements doivent privilégier une approche interne, en identifiant des gisements d'économies et des stratégies de mobilisation de revenus plus vertueuses plutôt que de recourir à une pression fiscale accrue.
L'arbitrage entre dette et fiscalité
Taiwo Oyedele a également abordé la question de la dette, qu'il qualifie de « fiscalité future ». Loin de rejeter l'endettement, il le considère comme un levier nécessaire au développement, à condition qu'il soit utilisé pour stimuler une croissance inclusive et créatrice d'emplois. L'enjeu pour les pays émergents et en développement est de réussir à appliquer un financement par la dette qui génère un impact positif global, sans compromettre la stabilité économique à long terme.
Le plaidoyer du G-24 pour un financement concessionnel
Dans le cadre des travaux du G-24, les discussions ont mis en lumière les difficultés liées aux coûts d'emprunt élevés. Le groupe a officiellement appelé à un accès facilité à des financements concessionnels, moins coûteux, pour alléger le poids de la dette sur les économies nationales. Iyabo Masha, directrice du secrétariat du G-24, a par ailleurs souligné l'évolution de l'architecture mondiale de restructuration de la dette, un changement qui pourrait, selon elle, permettre aux pays de résoudre plus rapidement leurs problématiques d'endettement.