Le député non-inscrit Tafsir Thioye a vivement critiqué la gestion des travaux parlementaires, accusant le groupe majoritaire Pastef d'engager l'Assemblée nationale et sa commission des Finances sans mandat légitime. Cette sortie intervient dans un climat de tension autour du renvoi en commission d'un projet de loi, une procédure que le parlementaire juge entachée d'irrégularités institutionnelles graves.
Une contestation de la légitimité des décisions
Au cœur du désaccord se trouve la demande de renvoi en commission formulée par le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan. Selon Tafsir Thioye, les échanges ayant conduit à cette décision sont « purement informels » et n'ont jamais fait l'objet d'une délibération formelle au sein de la commission des Finances. Le député souligne que ni le président de la commission, ni le groupe parlementaire ne disposent du pouvoir d'engager l'institution de leur propre chef, rappelant que seules les décisions prises en plénière et exécutées par le Bureau ont une valeur juridique contraignante.
Le risque d'une vassalisation des institutions
Le parlementaire dénonce une « violation continue des lois » et une « vassalisation » de l'Assemblée nationale, qu'il refuse de voir transformée en simple annexe d'un parti politique. Il conteste notamment la publication de communiqués officiels émis au nom de l'Assemblée sans que les députés n'aient été consultés. Pour M. Thioye, cette pratique constitue une dérive dangereuse où des intérêts partisans prennent le pas sur le fonctionnement républicain de l'hémicycle.
Incohérences procédurales et revirements politiques
Tafsir Thioye pointe également du doigt une forme d'incohérence politique au sein du groupe majoritaire. Il rappelle avoir lui-même proposé, par le passé, le renvoi du texte pour des motifs liés à l'intégration de la dette bancaire dans le budget, une demande alors rejetée par le groupe. Il s'étonne aujourd'hui de voir ces mêmes arguments repris par ceux qui les avaient initialement écartés. Le député annonce qu'il compte porter ces contestations devant la plénière, insistant sur la nécessité de séparer les enjeux politiques partisans des procédures législatives qui engagent la nation.