Le système des délégués politiques au Ghana, critiqué pour son manque de transparence, concentre le pouvoir entre les mains des candidats les plus riches, marginalisant les jeunes, les femmes et les militants moins aisés. Cette pratique, déjà pointée du doigt avant un récent arrêt de justice, favorise la corruption et limite la démocratie interne des partis.
Un système décrié pour son iniquité
Selon le directeur exécutif du Centre pour le développement démocratique (CDD-Ghana), le professeur H. Kwasi Prempeh, le système des délégués – utilisé par les principaux partis politiques du pays – crée un déséquilibre structurel en faveur des aspirants disposant de ressources financières importantes. En restreignant le nombre d’électeurs lors des primaires internes, ce mécanisme rend les élections vulnérables aux influences pécuniaires, excluant ainsi les jeunes professionnels, les femmes et les militants moins nantis, souvent incapables de mobiliser des fonds de campagne comparables.
Les observations menées par le CDD-Ghana lors de primaires internes ont révélé des pratiques de corruption généralisées, avec des delegates recevant des enveloppes, des biens ou d’autres avantages en échange de leur vote. Ces phénomènes, bien que documentés, restent difficiles à éradiquer en raison de la taille réduite du corps électoral interne, plus facile à influencer que l’ensemble des membres d’un parti.
Conséquences démocratiques et pistes de réforme
Au-delà de son impact sur l’équité interne, le système des délégués est accusé de saper les fondements de la démocratie ghanéenne. En privilégiant l’argent comme levier d’influence, il renforce les inégalités politiques et affaiblit la légitimité des processus électoraux. Le professeur Prempeh souligne que l’adoption d’un système de primaires ouvertes, où l’ensemble des membres d’un parti participe au choix des candidats, réduirait considérablement les risques de corruption et de manipulation.
Cette critique s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme des mécanismes internes des partis, alors que le pays cherche à consolider ses institutions démocratiques. Les enjeux sont doubles : restaurer la confiance des citoyens dans les processus politiques et garantir une représentation plus inclusive, notamment pour les groupes historiquement marginalisés.