Dans un contexte de volatilité accrue, des représentants syriens et israéliens se sont réunis en Jordanie pour des pourparlers médiés par les États-Unis. Cette rencontre vise à instaurer des mécanismes de désescalade après une série d'attaques israéliennes, notamment sur la base aérienne d'Abu Duhur, qui ont exacerbé les tensions aux frontières.
Les enjeux de la médiation américaine
Les discussions, auxquelles a pris part le chef du Mossad, Roman Gofman, côté israélien, et le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, marquent une tentative de reprise du dialogue après plusieurs mois de gel. L'objectif affiché est de définir des mécanismes pratiques pour mettre fin aux opérations militaires et aux arrestations, tout en cherchant à réactiver les négociations pour un accord de sécurité durable. Washington, qui parraine ces échanges depuis plus d'un an, tente de stabiliser une zone où les forces israéliennes ont multiplié les incursions depuis la chute de l'ancien régime en décembre 2024.
Souveraineté syrienne face aux exigences israéliennes
La délégation syrienne a réaffirmé son droit souverain à reconstruire son armée et à choisir ses alliances, rejetant toute restriction imposée par des mécanismes extérieurs. Damas exige prioritairement un retrait israélien vers les positions antérieures à décembre 2024 et le rétablissement de l'accord de désengagement de 1974. De son côté, Israël maintient des « lignes rouges » strictes : la démilitarisation du Golan syrien, la prévention de toute activité militaire turque sur le sol syrien et le contrôle des capacités stratégiques de l'armée syrienne.
Le risque d'un conflit par procuration
Au-delà du face-à-face bilatéral, ces pourparlers visent à empêcher que la rivalité entre Israël et la Turquie ne transforme le territoire syrien en champ de bataille. La Syrie exprime une crainte majeure : voir son autorité nationale se désintégrer sous la pression de ces puissances régionales. Si le ministre syrien a déclaré que la porte restait ouverte à la diplomatie malgré une méfiance profonde, les analystes restent prudents. La dynamique actuelle suggère qu'Israël pourrait profiter de cette volonté de dialogue pour durcir ses conditions, notamment en utilisant les États-Unis pour contrer l'influence turque dans le nord du pays.