Une figure du journalisme sénégalais, Ndeye Fatou Ndiaye, accuse un syndicat professionnel de s’écarter de sa mission pour défendre des intérêts controversés, au mépris des défis structurels du secteur.
Un syndicat sous le feu des critiques
La journaliste Ndeye Fatou Ndiaye a vivement critiqué le communiqué publié par le SYNPICS en faveur de Fegnal Digital, un acteur qu’elle qualifie d’« usurpateur ». Selon elle, cette prise de position révèle un glissement dangereux du syndicat vers des logiques politiques, au détriment de ses responsabilités premières. Le SYNPICS, en s’engageant ainsi, s’éloignerait des priorités réelles du métier, estime-t-elle, en négligeant les difficultés endémiques qui minent la profession.
Parmi les maux dénoncés, la précarité croissante des journalistes, l’absence de recrutements stables et l’insuffisance criante des formations professionnelles occupent une place centrale. Ces lacunes, aggravées depuis 2021, sapent selon elle la crédibilité et la pérennité du secteur. Ndeye Fatou Ndiaye appelle à un recentrage urgent des syndicats sur les enjeux sociaux et économiques des travailleurs de l’information, plutôt que sur des alliances contestées.
Un appel à l’assainissement du secteur
Face à cette situation, la journaliste réclame une refonte profonde des pratiques syndicales, jugées trop souvent éloignées des réalités du terrain. Elle insiste sur la nécessité de restaurer la confiance dans une corporation déjà fragilisée par des années de dérives, où les luttes d’influence priment parfois sur les intérêts collectifs. Son intervention s’inscrit dans un contexte où les médias africains, confrontés à des défis économiques et politiques majeurs, peinent à maintenir leur indépendance et leur qualité.
Cette polémique met en lumière les tensions persistantes au sein des structures représentatives du journalisme, entre défense des acteurs légitimes et préservation des valeurs fondamentales du métier. Elle soulève également des questions sur l’avenir d’un secteur en quête de stabilité, où les choix syndicaux pourraient, à terme, déterminer la survie même de certaines rédactions.