Syndicalistes de la BCRG en procès : la défense exige 100 millions de francs guinéens pour procédure abusive

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 68 lectures
Syndicalistes de la BCRG en procès : la défense exige 100 millions de francs guinéens pour procédure abusive

Le procès de trois syndicalistes de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) s’est ouvert ce 27 août 2026 au tribunal de Kaloum, où la défense a contre-attaqué en réclamant 100 millions de francs guinéens à la partie civile pour « constitution abusive » de la procédure. Les avocats des prévenus, libres pendant l’audience, contestent les accusations d’outrage à agent et de violence, affirmant qu’ils n’ont fait qu’exercer leur rôle de représentants des travailleurs. Une stratégie juridique qui pourrait redéfinir les limites de l’action syndicale en Guinée.

Des accusations de violence balayées par la défense

Les trois syndicalistes – Momo Camara, Aboubacar Sidiki Camara et Aboubacar Yansané – sont poursuivis pour outrage à agent, violence et voies de fait à l’encontre de l’adjudant-chef Daouda Sankhon. Pourtant, leur avocat, maître Diamilatou Sow, a catégoriquement rejeté ces allégations lors de sa plaidoirie. « Aucun outrage, aucune menace, aucune violence n’a été commise », a-t-elle affirmé, soulignant que les syndicalistes agissaient dans le cadre de revendications légitimes pour les conditions de travail au sein de la BCRG.

Une demande de condamnation pour procédure abusive

Face à ce qu’elle qualifie de « dérive judiciaire », la défense a saisi l’opportunité pour inverser la charge de la preuve. Elle exige que la partie civile, incluant le ministère public, soit condamnée à verser 100 millions de francs guinéens au titre de « constitution abusive » de la procédure. Une stratégie risquée, mais qui pourrait établir un précédent en matière de protection des droits syndicaux dans un contexte où les tensions entre employeurs et travailleurs s’intensifient.

Un procès aux répercussions sociales et juridiques

Ce procès survient dans un contexte où les relations entre la BCRG et ses employés sont tendues, notamment sur les questions de salaires, de sécurité et de conditions de travail. Les trois syndicalistes, qui comparaissent libres, incarnent une frange de la fonction publique guinéenne déterminée à faire valoir ses droits. Leur issue judiciaire pourrait influencer les futures négociations sociales et la perception de la justice guinéenne face aux conflits du travail. À suivre, notamment sur la recevabilité des preuves et la décision du tribunal.

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