Lors d’une interview diffusée sur BFM Business, Thomas Di Giacomo, directeur technologie et produit chez SUSE, a exposé la volonté de l’entreprise de devenir une référence européenne en matière de data‑centers et d’intelligence artificielle, en faisant de la souveraineté numérique une priorité stratégique.
Une feuille de route centrée sur les data‑centers européens
SUSE prévoit de renforcer son offre d’infrastructure cloud en s’appuyant sur des installations situées sur le territoire européen. L’objectif affiché est de proposer des solutions de gestion de conteneurs et de workloads qui respectent les exigences légales et de conformité propres à chaque État membre, tout en garantissant des performances comparables à celles des grands fournisseurs américains. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique de diversification des fournisseurs d’infrastructure, afin de réduire la dépendance vis‑à‑vis des acteurs hors‑Europe.
L’intelligence artificielle comme pilier de la souveraineté
Selon Di Giacomo, l’IA représente le levier principal pour consolider la souveraineté numérique. SUSE développe des plateformes d’IA capables de fonctionner en mode « on‑premise » ou dans des clouds privés, ce qui permet aux entreprises de garder le contrôle total sur leurs données sensibles. En combinant les technologies de conteneurisation avec des modèles d’apprentissage automatique optimisés, le groupe entend offrir aux organisations européennes des outils d’analyse et d’automatisation qui ne nécessitent pas de transfert de données vers des serveurs situés hors de l’UE.
Implications pour les acteurs africains et la chaîne de valeur technologique
Le positionnement de SUSE ouvre des perspectives pour les partenaires technologiques africains, notamment dans les domaines du cloud hybride et de l’IA appliquée. En cherchant à établir des data‑centers en Europe, SUSE pourrait encourager la création de hubs de services intercontinentaux, où des entreprises africaines pourraient accéder à des infrastructures certifiées souveraines tout en bénéficiant de coûts compétitifs. De plus, la mise à disposition de solutions d’IA « edge » compatibles avec les exigences de confidentialité pourrait faciliter l’adoption de technologies avancées dans des secteurs critiques comme la santé, l’agriculture ou les télécommunications en Afrique subsaharienne.