L'activiste Sunday Adeyemo, plus connu sous le nom de Sunday Igboho, a dévoilé une proposition de structuration pour le réseau de sécurité communautaire « Iru Ekun », lancé récemment à Abeokuta dans l'État d'Ogun. Ce projet vise à intégrer plus de 15 000 volontaires dans un dispositif collaboratif avec les forces de sécurité nationales pour lutter contre le banditisme et les enlèvements dans le Sud-Ouest du Nigeria.
Une architecture de gouvernance partagée
Le modèle proposé par Sunday Igboho repose sur une répartition claire des responsabilités entre les différents échelons administratifs. Selon ce schéma, le gouvernement fédéral serait chargé de désigner l'organisme responsable de la formation des recrues, tandis que le bureau du gouverneur de l'État d'Ogun superviserait le déploiement opérationnel des agents sur le terrain. Au niveau local, les autorités des gouvernements locaux seraient chargées de l'identification des membres via la délivrance de cartes professionnelles, assurant ainsi une traçabilité des effectifs.
Collaboration avec les forces de l'ordre
L'initiative se veut complémentaire et non concurrente des institutions régaliennes. Sunday Igboho a explicitement ordonné aux volontaires de travailler en étroite collaboration avec la police nigériane, les services de renseignement (DSS) et l'armée. Les membres du réseau ont pour instruction de signaler toute faille sécuritaire au commissaire de police de leur juridiction respective. L'objectif est d'éviter toute dérive ou substitution aux forces de sécurité officielles, en s'inscrivant dans un cadre de coopération institutionnelle rigoureux.
Exigence de discipline et limites opérationnelles
Pour garantir la crédibilité du réseau, l'initiateur du projet a insisté sur la discipline des troupes. Il a formellement interdit aux volontaires de s'immiscer dans des litiges civils ou de régler des différends personnels en utilisant leur statut. Le cadre prévoit également un soutien logistique et financier de la part du gouvernement de l'État, incluant des moyens de transport et une allocation mensuelle pour les agents. En comparant cette initiative aux débuts du corps de défense civile nigérian (NSCDC), Sunday Igboho espère que cette organisation communautaire pourra, à terme, s'institutionnaliser pour renforcer durablement la sécurité publique.