Face à la recrudescence des enlèvements, du banditisme et des conflits agropastoraux au Nigeria, Sunday Adeyemo, dit Sunday Igboho, plaide pour une alliance renforcée entre les réseaux de sécurité communautaires et les forces de défense nationales. Cette initiative, portée par son organisation Iru Ekun, vise à optimiser le partage de renseignements et l'efficacité opérationnelle sur le terrain, particulièrement dans le Sud-Ouest du pays.
Une collaboration institutionnelle en marche
Le plaidoyer de Sunday Igboho fait suite à une rencontre stratégique à Abuja entre le commissaire de police du Territoire de la capitale fédérale (FCT), Ahmed Muhammed Sanusi, et les responsables locaux de l'Iru Ekun. Cette concertation marque une volonté de formaliser la coopération entre les acteurs de la sécurité civile et les institutions étatiques. Sunday Igboho a d'ailleurs salué le soutien apporté par plusieurs hauts responsables de la sécurité nationale, dont le conseiller à la sécurité nationale Nuhu Ribadu et l'inspecteur général de la police, Tunji Disu, soulignant que cette synergie a déjà permis des avancées concrètes dans la réduction des violences locales.
Le cadre opérationnel imposé par la police
Si les autorités policières encouragent cette dynamique de police de proximité, elles posent des conditions strictes pour garantir la légalité des interventions. Le commissaire Ahmed Muhammed Sanusi a insisté sur la nécessité pour les groupes comme Iru Ekun de maintenir une communication constante avec les autorités policières divisionnaires. Toute action opérationnelle doit désormais être notifiée aux forces de l'ordre avant son exécution. Cette exigence vise à prévenir les dérives et à assurer que les initiatives locales s'inscrivent dans le cadre légal national, renforçant ainsi la prévention et la détection des crimes.
Vers un modèle de sécurité partagée
L'engagement pris par le coordinateur de l'Iru Ekun à Abuja, Segun Olufadeju, de collaborer étroitement avec la police, illustre une volonté de pérenniser ce modèle de sécurité intégrée. Pour les observateurs, cet alignement entre les réseaux communautaires et les agences de sécurité, telles que les forces armées et le DSS, représente un enjeu majeur pour la stabilité des zones rurales et périurbaines. La réussite de ce partenariat dépendra de la capacité des deux parties à maintenir une coordination fluide, garantissant que la protection des citoyens reste l'objectif prioritaire, tout en respectant les prérogatives des institutions régaliennes.