El Fasher brûle sous les crimes de l’RSF

Par Rédaction KUMBA 4 min de lecture 53 lectures
El Fasher brûle sous les crimes de l’RSF

Une armée fantôme déferle sur les civils. Qui porte la responsabilité de cette barbarie ?


Une campagne de terreur systématique Amnesty International accable les Rapid Support Forces (RSF), la milice paramilitaire soudanaise, d’une accusation pesante : celle de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique à El Fasher, dernière ville encore tenue par les forces gouvernementales dans le Darfour. Le rapport, explosif, dépeint une machine de destruction méthodique : meurtres, tortures, viols, réductions en esclavage et esclavage sexuel organisé. Ces actes, répétés et coordonnés, ne sont pas des exactions ponctuelles. Ils forment un patron systémique visant délibérément les civils.

Les témoignages recueillis par l’ONG révèlent une stratégie de terreur. Les RSF ciblent les communautés non-arabes, les désarmant, les déplaçant par la force, ou les exécutant sur place. Les femmes et les enfants paient un tribut particulier : des centaines de viols documentés, des enfants enlevés pour servir de soldats, des femmes réduites en esclavage domestique. Les exécutions sommaires se déroulent sans procès, sans pitié. Les hôpitaux, les écoles, les lieux de culte deviennent des cibles. La ville, autrefois symbole de résistance, sommeille sous les bombes et les cris.

Un bilan humain insoutenable Les chiffres, s’ils étaient exhaustifs, froidraient le sang. Amnesty évoque des dizaines de milliers de déplacés, des centaines de morts confirmés, mais le vrai nombre reste buriné dans le silence. Les survivants parlent de nuits hantées par les cris, de corps abandonnés dans les rues, de enfants orphelins sans repères. Les RSF, financées par l’or et les diamants du Darfour, agissent avec une impunité totale. Leurs chefs, protégés par des alliances régionales, échouent à rendre des comptes.

Qui protège les bourreaux ? La communauté internationale regarde, mais ne voit pas assez. L’ONU a condamné les exactions, mais ses sanctions restent lâches comme des promesses non tenues. La Russie et la Chine, actionnaires discrets de l’or soudanais, ferment les yeux sur les profits sanglants. L’Arabie saoudite et les Émirats, alliés des RSF depuis 2023, tournent une sourde oreille aux appels à l’arrêt des livraisons d’armes. Pendant ce temps, les civils paient le prix fort.

El Fasher, symbole d’une tragédie plus large Cette offensive n’est pas un épisode isolé. Elle s’inscrit dans une guerre civile qui dure depuis avril 2023, où plus de 10 000 personnes meurent chaque mois. Les RSF, devenue une force armée régulière, dépassent désormais l’armée soudanaise en puissance. Leur victoire à El Fasher marquerait un tournant : le contrôle total du Darfour, et avec lui, la fin de toute résistance organisée.

Et maintenant ? Amnesty exige des sanctions ciblées contre les commandants, une enquête indépendante sous égide onusienne, et l’arrêt immédiat des livraisons d’armes. Mais ces demandes se heurtent à des intérêts bien plus forts que la justice. Alors que les négociations de paix s’épuisent dans le vide, une question se pose avec urgence : combien de villes devront tomber avant que le monde ne réagisse ?


Conclusion : La honte doit avoir un prix Les crimes de l’RSF à El Fasher ne sont pas une tragédie soudaine. C’est l’aboutissement d’une politique d’exclusion et de violence systématique. Tant que les puissances étrangères privilégieront leurs intérêts géopolitiques ou économiques à la protection des civils, la barbarie continuera de régner. La question n’est plus de savoir si le monde interviendra, mais à quel prix humain cette intervention arrivera-t-elle. Une chose est sûre : le silence aujourd’hui est une complicité demain.

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