La succession du trône de l'Awujale d'Ijebuland, vacant depuis le décès de l'Oba Sikiru Adetona en juillet 2025, est marquée par une nouvelle escalade judiciaire et sécuritaire. Les services de renseignement nigérians (DSS) ont convoqué trois dirigeants de la maison royale Fusengbuwa dans le cadre d'une enquête sur la vente présumée de formulaires de candidature aux prétendants au trône.
Une convocation sous tension
Les autorités de sécurité de l'État d'Ogun ont sommé Otunba Abdulateef Owoyemi, Otunba Dokun Ajidagba et le professeur Fassy Yusuf de se présenter à leur siège à Abeokuta. Cette démarche fait suite à des soupçons d'irrégularités financières entourant le processus de sélection des candidats. Si les autorités n'ont pas confirmé publiquement les détails de l'enquête, cette convocation s'inscrit dans une série d'interventions des forces de l'ordre, la police ayant déjà auditionné les membres de la maison royale et les chefs coutumiers (Afobaje) à plusieurs reprises pour des allégations similaires de corruption.
Le blocage judiciaire comme ligne de défense
Les personnes visées par cette convocation contestent la légitimité de la procédure. Le professeur Fassy Yusuf, actuellement retenu par des obligations judiciaires à Abuja, a rejeté l'invitation, tandis qu'Otunba Dokun Ajidagba a souligné l'incohérence d'une telle convocation alors que le dossier est déjà entre les mains de la justice. La maison royale Fusengbuwa a en effet engagé des poursuites contre le gouvernement de l'État d'Ogun, contestant notamment la suspension du processus de sélection et le verrouillage du palais royal ordonné par les autorités en janvier 2026.
L'horizon politique du gouvernement
Malgré ces tensions, le gouverneur de l'État d'Ogun, Dapo Abiodun, a réitéré son engagement à voir un nouvel Awujale intronisé avant le 29 mai 2027. Le gouvernement justifie ses interventions passées par la nécessité de garantir un processus « pacifique et largement acceptable », après avoir suspendu le processus initial en raison de préoccupations procédurales. La situation reste complexe : alors que 95 aspirants avaient été identifiés fin 2025, le blocage institutionnel actuel continue de paralyser la désignation du successeur d'un monarque ayant régné pendant 65 ans, laissant planer une incertitude sur l'avenir de cette institution traditionnelle majeure.