Le président de l'agence nigériane de maintenance routière (FERMA) défend la suppression des subventions sur le carburant tout en exigeant une reddition de comptes des gouvernements locaux et des États sur les milliards supplémentaires perçus.
Des milliards de nairas supplémentaires pour les États et les collectivités locales
Dans un communiqué publié jeudi, le Dr Musa Babayo, président du conseil d'administration de la Federal Roads Maintenance Agency (FERMA), a souligné que la suppression des subventions sur le carburant a généré des économies substantielles pour le gouvernement fédéral, mais a également entraîné une augmentation significative des recettes allouées aux États et aux gouvernements locaux. Selon ses estimations, entre juin 2023 et décembre 2025, environ 15,8 billions de nairas d'économies ont été enregistrés dans le compte de la Fédération, dont 6,52 billions (41 %) pour les États et 3,88 billions (24 %) pour les collectivités locales.
Une transparence exigée sur l'utilisation des fonds
Babayo a appelé les citoyens, les organisations de la société civile, les médias et les leaders traditionnels à exiger des comptes précis sur l'utilisation de ces fonds supplémentaires. Il a insisté sur la nécessité de publier des rapports clairs sur les dépenses en infrastructures, santé, éducation, agriculture, eau, routes rurales, création d'emplois et protection sociale. Les citoyens sont invités à demander des détails sur les projets réalisés, leurs localisations et leurs coûts, ainsi que sur les allocations mensuelles supplémentaires reçues par leurs États et gouvernements locaux.
La responsabilité des gouvernements locaux au cœur du débat
Le président de FERMA a critiqué l'absence de transparence après la publication des allocations par la Commission des allocations de la Fédération (FAAC). Pour lui, la véritable question de responsabilité commence une fois que les fonds atteignent les comptes des États et des collectivités locales. Il a rappelé que de nombreux services essentiels, comme les soins de santé primaires, l'éducation de base, les infrastructures rurales et l'approvisionnement en eau, dépendent largement des gouvernements locaux. Ainsi, l'efficacité des réformes économiques ne peut être évaluée uniquement par les économies réalisées à Abuja, mais aussi par l'utilisation des ressources générées par ces réformes au niveau des États et des collectivités.
Un appel à des comptes publics simplifiés et accessibles
Babayo a proposé la mise en place d'un cadre renforcé pour suivre l'utilisation des fonds au niveau subnational. Il a encouragé chaque État à publier régulièrement des comptes fiscaux simples et accessibles aux citoyens, détaillant les recettes supplémentaires perçues et leur utilisation. Selon lui, cette démarche permettrait de recentrer le débat national sur la responsabilité et l'efficacité de l'utilisation des ressources, plutôt que sur les difficultés immédiates engendrées par les réformes économiques.