À l'approche de l'échéance électorale de 2027 au Nigeria, l'opposition commence à dessiner sa stratégie de conquête du pouvoir. Kenneth Okonkwo, porte-parole de la campagne d'Atiku Abubakar, a récemment exposé une feuille de route électorale ambitieuse, misant sur une profonde insatisfaction populaire face aux réformes économiques en cours.
Le levier du mécontentement économique
La stratégie de l'ancien vice-président Atiku Abubakar, qui devrait se présenter sous la bannière de l'African Democratic Congress (ADC), repose sur une critique frontale de la gestion actuelle. Selon Kenneth Okonkwo, les politiques menées par l'administration du président Bola Tinubu sont perçues comme « anti-peuple ». Il pointe notamment le décalage entre le salaire minimum fixé à 70 000 nairas et l'inflation galopante, illustrée par le prix du carburant avoisinant les 1 500 nairas. Pour l'opposition, cette dégradation du pouvoir d'achat constitue le moteur principal d'un basculement électoral attendu dans plusieurs régions du pays.
Objectifs électoraux dans le Nord et le Sud-Ouest
L'état-major d'Atiku Abubakar affiche une confiance marquée pour les régions septentrionales. Kenneth Okonkwo affirme que les 19 États du Nord sont désormais acquis à la cause de l'ADC, arguant que le terrain a été suffisamment préparé. Parallèlement, la stratégie s'étend vers le Sud-Ouest, où l'opposition cible trois États spécifiques : Osun, Ondo et Ogun. Dans ces deux derniers, le porte-parole mise sur les divisions internes au sein du parti au pouvoir, le All Progressives Congress (APC), pour créer une opportunité de victoire.
Perspectives dans le Sud-Sud
Au-delà du Nord et du Sud-Ouest, l'opposition porte une attention particulière à la zone du Sud-Sud. L'objectif affiché est de sécuriser la barre des 25 % des suffrages dans l'ensemble des États de la région, un seuil constitutionnel crucial pour valider une élection présidentielle. Kenneth Okonkwo estime que la présence d'un candidat à la vice-présidence originaire de cette zone géographique pourrait agir comme un catalyseur de votes, permettant à l'opposition de remporter plus de deux États dans cette partie du pays.
Le défi de la popularité à Lagos
Dans son analyse, Kenneth Okonkwo a également abordé la situation à Lagos, fief politique historique du président Bola Tinubu. Il a contesté la popularité du chef de l'État dans cette métropole économique, suggérant que le contrôle politique du président sur sa base électorale traditionnelle pourrait être plus fragile qu'il n'y paraît. Ces projections, bien que formulées dans un contexte de campagne précoce, soulignent la volonté de l'opposition de transformer les difficultés économiques actuelles en un levier de mobilisation électorale nationale.