Le géant automobile Stellantis a annoncé la mise à l'arrêt temporaire de trois de ses sites de production majeurs en France pour la fin du mois d'octobre. Cette décision, qui se traduira par des périodes de chômage partiel, illustre les tensions persistantes sur la chaîne d'approvisionnement électrique et les défis commerciaux rencontrés par certains modèles phares du groupe.
Pénurie de batteries pour les modèles électriques
Les usines de Sochaux, dans le Doubs, et de Rennes, en Ille-et-Vilaine, seront les premières impactées par ces suspensions d'activité. Le constructeur justifie cette mesure par une disponibilité insuffisante de composants critiques : les batteries dites « long range » (longue autonomie), produites par le fabricant franco-allemand ACC. À Sochaux, où sont assemblés les Peugeot 3008 et 5008, tout comme à Rennes, site de production du Citroën C5 Aircross, cet arrêt de sept jours souligne la dépendance étroite des cadences industrielles aux flux logistiques des nouvelles technologies de motorisation.
Le ralentissement commercial de la gamme Peugeot
Parallèlement aux contraintes d'approvisionnement, le site de Mulhouse fait face à une réalité commerciale plus complexe. Le groupe a confirmé la fin de vie programmée de certains modèles, notamment les Peugeot 308 et 408. Selon les représentants syndicaux, les volumes de ventes de la nouvelle 308 se révèlent inférieurs aux attentes initiales, contraignant l'entreprise à suspendre la production du 15 au 30 octobre. Cette situation entraîne une réorganisation structurelle du site, avec un passage prévu de deux équipes à une équipe et demie dès le mois de novembre.
Une fragilité industrielle à l'échelle européenne
Ces arrêts en France s'inscrivent dans un contexte de volatilité pour Stellantis sur le continent. Le recours au chômage partiel n'est pas une nouveauté pour le constructeur en 2025, qui a déjà dû ralentir les lignes de production de six autres usines européennes au cours de l'année. Si des investissements sont annoncés pour moderniser le site de Mulhouse, la conjonction entre les difficultés d'approvisionnement en batteries et l'ajustement nécessaire face à la demande du marché met en lumière les défis de transition auxquels le groupe doit répondre pour stabiliser ses opérations industrielles.