Antonio Filosa, PDG de Stellantis, a réaffirmé devant le Medef que les 12 usines françaises du groupe seraient maintenues d’ici cinq ans, tout en appelant Bruxelles à renforcer la protection contre la concurrence chinoise. Cette annonce intervient dans un contexte de restructurations européennes et de tensions commerciales accrues, où l’industrie automobile tricolore doit concilier compétitivité et souveraineté industrielle.
Un engagement sous pression industrielle
Malgré les craintes de fermetures liées à un plan de réduction de 800 000 véhicules d’ici 2030 en Europe, Filosa a choisi de rassurer les salariés français en promettant le maintien des sites. Cette déclaration, faite lors d’une rencontre du Medef, s’inscrit dans une stratégie de communication visant à désamorcer les inquiétudes, alors que l’industrie automobile européenne traverse une crise structurelle. Les groupes comme Volkswagen, BMW ou Mercedes subissent des difficultés similaires, aggravées par la montée en puissance des constructeurs chinois.
Des partenariats stratégiques pour compenser les faiblesses
Pour soutenir l’emploi en France, Stellantis mise sur des collaborations industrielles, comme celle avec le chinois Dongfeng, qui produira des véhicules dans l’usine de Rennes dès cette année. Ce partenariat, où Stellantis conserve 51 % des parts, permet d’occuper des lignes sous-utilisées sans cannibaliser la gamme locale. Cependant, cette solution reste perçue comme une mesure d’urgence plutôt qu’une stratégie industrielle pérenne, d’autant que seul le Citroën C5 Aircross est actuellement fabriqué sur le site rennais.
Un milliard d’euros investi à Mulhouse pour l’électrique
Stellantis a confirmé début juin un investissement de plus d’un milliard d’euros en France, avec trois nouvelles Peugeot électriques ou hybrides prévues à Mulhouse à partir de 2029. Ce projet s’accompagne d’un effort de recherche et développement, reflétant la volonté du groupe de moderniser ses capacités de production tout en honorant son héritage français, berceau des marques Peugeot et Citroën. Filosa a d’ailleurs souligné la responsabilité sociale du groupe envers la France, où 95 % des véhicules vendus en Europe sont conçus par des ingénieurs français, italiens ou allemands.
Bruxelles sommée de durcir les règles face à la Chine
Au-delà des annonces locales, Filosa a profité de la tribune du Medef pour exiger une accélération du « Made in Europe », avec des critères élargis incluant la conception et l’origine des composants. Il a également plaidé pour une flexibilité sur les objectifs de CO2 imposés aux utilitaires légers, jugés inadaptés à la demande réelle. Ces revendications, portées en coordination avec Volkswagen et Renault, reflètent une pression croissante sur la Commission européenne pour protéger l’industrie automobile européenne face à la concurrence asiatique.