Le groupe automobile Stellantis a annoncé le rappel de 955 000 véhicules à travers le monde en raison d'une défaillance logicielle empêchant l'affichage de la caméra de recul. Cette opération, qui sera réalisée via une mise à jour à distance, souligne les difficultés persistantes du constructeur à stabiliser ses systèmes embarqués malgré des mesures correctives déjà engagées.
Une défaillance logicielle à répétition
Le problème identifié concerne l'absence d'image sur l'écran multimédia lors de l'activation de la marche arrière. Si Stellantis affirme n'avoir recensé aucun accident ni blessé lié à ce bug, la récurrence du phénomène inquiète. En juin 2024, le groupe avait déjà dû rappeler 1,16 million de véhicules pour un défaut quasi identique sur ses systèmes multimédias, touchant des modèles comme le Jeep Grand Cherokee, le Dodge Durango ou le Chrysler Pacifica. La majorité des véhicules concernés par cette nouvelle campagne se situe en Amérique du Nord, avec 848 000 unités aux États-Unis, 83 000 au Canada et 8 000 au Mexique.
L'impact financier des rappels massifs
La multiplication des campagnes de rappel pèse lourdement sur les finances du constructeur. En 2025, Stellantis a rappelé environ 13,4 millions de véhicules, contre 7,3 millions l'année précédente. Cette accumulation de problèmes techniques a contraint le groupe à réévaluer ses provisions pour garanties, qui ont atteint plus de 11 milliards d'euros en 2025, soit une hausse de 84 % sur un an. Au second semestre 2025, une charge exceptionnelle de 5,3 milliards d'euros a été enregistrée, reflétant une détérioration de la qualité que la direction attribue à des décisions stratégiques passées.
Les enjeux de fiabilité pour la marque
Conscient que la répétition de ces incidents peut altérer la confiance des consommateurs envers la sécurité de ses produits, Stellantis tente de redresser la barre. Le constructeur met en avant des indicateurs opérationnels en amélioration : depuis le début de l'année 2025, les problèmes signalés par les clients durant le premier mois d'utilisation auraient diminué de plus de 50 % en Amérique du Nord et de plus de 30 % en Europe. La capacité du groupe à stabiliser ses logiciels embarqués et à réduire durablement le volume de ses rappels constitue désormais un enjeu majeur pour sa rentabilité et son image de marque sur le marché mondial.