Face aux inquiétudes persistantes concernant les risques d'incendie liés aux batteries des véhicules électriques, le groupe Stellantis a déposé un brevet aux États-Unis proposant une solution radicale : l'éjection physique de l'accumulateur en cas d'urgence. Ce dispositif vise à contrer le phénomène d'emballement thermique, où la propagation de la chaleur entre les cellules rend les feux particulièrement complexes à maîtriser pour les secours.
Un mécanisme de séparation rapide
Le concept repose sur un système de déverrouillage rapide, activable soit par le conducteur via une commande dédiée, soit par les services de secours via un accès situé dans le coffre. Une fois déclenché, le mécanisme utilise des fixations pyrotechniques ou un cadre coulissant pour libérer la batterie par le dessous du véhicule. Pour garantir la sécurité des occupants, le brevet prévoit que le véhicule puisse utiliser sa batterie auxiliaire de 12 volts pour s'éloigner automatiquement de la zone de danger après la séparation.
Les défis de la sécurité publique
Si l'innovation semble prometteuse sur le plan technique, elle soulève des questions majeures quant à son application réelle. L'abandon d'une batterie pesant plusieurs centaines de kilos, potentiellement en état de combustion, sur la voie publique représente un risque sécuritaire important pour les autres usagers de la route. À ce jour, le constructeur n'a pas apporté de précisions sur la gestion de ces débris sur la chaussée, un point critique pour une éventuelle homologation.
Une stratégie de protection intellectuelle
Stellantis n'est pas le premier acteur du secteur à s'intéresser à cette technologie. Des expérimentations similaires ont été observées en Chine, bien que les approches diffèrent, notamment sur la manière d'extraire le composant. Il est toutefois essentiel de noter que le dépôt d'un brevet ne garantit pas une mise en production industrielle. Les constructeurs automobiles utilisent fréquemment cette pratique pour protéger leur propriété intellectuelle sur des concepts exploratoires, sans pour autant confirmer leur intégration future dans les gammes commerciales.