Face aux incertitudes pesant sur le secteur automobile européen, le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a formellement exclu la fermeture de sites de production en France pour les cinq prochaines années. Cette déclaration, faite lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France, vise à apaiser les craintes des salariés tout en réaffirmant l'ancrage historique du groupe dans l'Hexagone.
Une stratégie basée sur les partenariats industriels
Pour optimiser ses capacités de production sans recourir à des fermetures, Stellantis mise sur des alliances stratégiques. Le groupe a notamment conclu un partenariat avec le constructeur chinois Dongfeng, permettant la production de véhicules au sein de l'usine de Rennes. Dans ce modèle, Stellantis conserve le contrôle majoritaire des coentreprises et assure la distribution, tout en veillant à ce que les nouveaux modèles ne cannibalisent pas sa gamme propre. Cette approche vise à maintenir l'activité des sites sous-utilisés tout en préservant l'emploi local.
Investissements et héritage industriel
Le groupe, qui emploie 38 000 personnes en France, entend honorer sa responsabilité sociale envers un pays berceau des marques Peugeot et Citroën. Stellantis a récemment annoncé un investissement supérieur à un milliard d'euros, destiné à la recherche et au développement ainsi qu'à la production de trois nouveaux modèles électriques ou hybrides à Mulhouse, prévue à l'horizon 2029. Ces engagements financiers marquent une volonté de pérenniser l'outil industriel français malgré un contexte économique mondial complexe.
Le défi du redressement opérationnel
La direction actuelle, sous l'impulsion d'Antonio Filosa, cherche à inverser la tendance après les pertes financières enregistrées en 2025. Si le groupe a renoué avec les bénéfices au deuxième trimestre 2026, avec un résultat net de 293 millions d'euros, les performances restent en deçà des attentes des analystes. Le plan stratégique, qui prévoit une réduction des capacités de production européennes de 800 000 véhicules d'ici 2030, suscite toujours des interrogations en interne quant à la priorité accordée aux activités américaines, où Stellantis affiche une progression de sa part de marché.
Un marché européen sous tension
Stellantis évolue dans un environnement difficile, marqué par une forte concurrence chinoise, des pressions inflationnistes et des rappels de véhicules massifs liés à des risques d'incendie. Malgré ces obstacles, le constructeur table sur une amélioration de son chiffre d'affaires et vise une marge opérationnelle industrielle légèrement positive pour 2026. La réussite de ce redressement dépendra de la capacité du groupe à regagner des parts de marché en Europe tout en maintenant sa compétitivité globale.