La photographe nigériane Stella Anicho déploie une stratégie ambitieuse pour transformer le paysage visuel africain en favorisant l'émergence d'une nouvelle génération de femmes photographes. À travers ses initiatives Her Bold Tribe et HerLens, elle s'attaque au déficit de représentation féminine dans les métiers de l'image, combinant formation technique, mentorat et engagement social.
Un écosystème pour les femmes photographes
Depuis le lancement de son accélérateur HerLens en avril 2026, Stella Anicho a structuré un programme intensif visant à professionnaliser les aspirantes photographes. Le projet a rapidement dépassé les frontières nigérianes, s'étendant jusqu'à Accra, au Ghana. En s'appuyant sur des partenariats stratégiques, notamment avec Canon, ces programmes proposent des bootcamps alliant technique photographique, narration documentaire et immersion sur le terrain. Cette dynamique s'est concrétisée par des expositions publiques et des formations à grande échelle, comme lors de la Journée mondiale de la photographie 2026, où 174 participants ont été formés.
Au-delà de l'image, un engagement social
Pour Anicho, la photographie est un levier de changement social autant qu'un métier. Son action ne se limite pas à la technique : elle intègre des programmes de santé communautaire, ayant distribué des kits d'hygiène et des ressources éducatives à plus de 250 adolescentes. Cette approche holistique puise sa source dans son propre parcours, marqué par le soutien reçu au début de sa carrière, et dans son expérience actuelle en tant que photographe officielle auprès de l'épouse du gouverneur de l'État d'Abia. Elle considère que l'indépendance financière et la diligence sont des piliers essentiels pour l'émancipation des femmes.
Vers une reconnaissance internationale
La démarche de la photographe a déjà suscité des distinctions, notamment pour son documentaire sur la condition des jeunes filles, récompensé par le Policy Innovation Centre d'Abuja. Son exposition à des standards internationaux, via des ateliers au Dikan Center au Ghana avec des experts ayant travaillé à la Maison Blanche, a renforcé sa volonté de structurer une communauté panafricaine. Malgré un financement reposant essentiellement sur ses fonds propres et une détermination personnelle, elle prépare désormais une tentative de record mondial pour la plus grande marche photographique féminine, un projet visant à accroître durablement la visibilité des femmes dans le secteur créatif africain.