Le système financier marocain conserve une robustesse notable, selon le dernier rapport du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS). À l’issue de sa 23ᵉ réunion, tenue à Rabat, l’institution souligne la capacité du secteur à résister aux aléas macroéconomiques, tout en saluant les avancées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le Comité, présidé par le gouverneur de Bank Al-Maghrib et réunissant plusieurs autorités financières, a validé le 13ᵉ Rapport sur la stabilité financière pour l’exercice 2025. Il a également examiné l’avancement de la feuille de route 2026-2030 dédiée à la stabilité du système financier, ainsi que les principaux risques pesant sur l’économie nationale.
Un secteur des assurances en expansion
Le rapport met en avant la croissance soutenue du secteur des assurances, portée notamment par l’assurance-vie, dont les primes ont progressé de près de 9 % sur un an. Les compagnies d’assurances affichent un résultat net en hausse de plus de 20 %, soutenu par l’amélioration des revenus financiers. Leur rentabilité s’établit à un niveau inédit depuis dix ans, renforçant la solvabilité du secteur. Les tests de résistance confirment la capacité des assureurs à absorber d’éventuels chocs économiques.
Des retraites toujours fragiles
Si les augmentations salariales issues du dialogue social de 2024 ont permis d’améliorer certains indicateurs des régimes de retraite de la fonction publique, le Comité alerte sur les déséquilibres structurels persistants. Il insiste sur la nécessité d’une réforme globale, incluant la création de deux pôles distincts — public et privé — pour garantir la pérennité financière des systèmes de retraite.
Croissance économique et finances publiques en amélioration
Au niveau macroéconomique, le Maroc bénéficie d’une croissance accélérée, portée par des conditions climatiques favorables et le dynamisme des secteurs non agricoles. Les prévisions tablent sur une progression du PIB de près de 5 % en 2025, avant un ralentissement progressif. L’inflation reste contenue, tandis que le déficit extérieur et les finances publiques s’améliorent, avec une dette publique en baisse graduelle.
Un système bancaire solide
Le secteur bancaire marocain confirme sa bonne santé pour la troisième année consécutive. Les établissements de crédit enregistrent une hausse de leur résultat net, portée par l’augmentation du produit net bancaire et la réduction du coût du risque. Les crédits au secteur non financier progressent, tandis que les créances en souffrance reculent légèrement. Les ratios de solvabilité et de liquidité des banques dépassent largement les exigences réglementaires, renforçant leur résilience face aux chocs économiques.