Le dernier Food Security Monitor d’AGRA indique que, en août 2026, les prix du riz et du sorghum au Ghana sont restés inchangés par rapport à juillet, alors que le maïs blanc a connu une hausse mensuelle de 8,9 %. Cette dynamique se combine à une augmentation des prix du carburant, renforçant les pressions sur le pouvoir d’achat des ménages.
Prix du riz et du sorghum : stabilité relative
Le prix moyen national du riz s’est maintenu à 11 100 GHS par tonne métrique, sans variation d’un mois à l’autre. Bien que légèrement supérieur (+0,9 %) à celui d’il y a trois mois, il reste 10,1 % en dessous des niveaux observés il y a six mois et 16,4 % inférieur à l’année précédente, grâce à des approvisionnements domestiques et importés jugés suffisants. Le sorghum a affiché le même prix moyen de 5 833 GHS/MT, légèrement inférieur de 1,2 % à la valeur du trimestre précédent et nettement plus bas que les niveaux à six mois et à un an, signe d’une amélioration des stocks.
Maïs blanc : hausse mensuelle mais prix toujours bas sur le long terme
Contrairement aux céréales précédentes, le maïs blanc a enregistré une hausse de 8,9 % en août, portant son prix moyen à 3 141 GHS/MT. Malgré cette augmentation, le coût reste 8,9 % inférieur à celui d’il y a six mois et 36,3 % plus bas qu’en août 2025, ce qui indique que les conditions d’offre restent globalement plus favorables qu’à la même période l’an passé. Cette hausse ponctuelle reflète un resserrement du marché à court terme, possiblement lié à des variations de la demande ou à des ajustements logistiques.
Carburants en hausse : un facteur d’inflation supplémentaire
Le rapport souligne également une remontée des prix du carburant en août : le pétrole a progressé de 3 % et le diesel de 1 % par rapport à juillet. Ces hausses placent les prix du carburant respectivement 29 % et 19 % au‑dessus des niveaux de mars, maintenant une pression à la hausse sur les coûts de transport et, par ricochet, sur les prix des denrées alimentaires. Cette dynamique risque d’alourdir le fardeau des ménages, surtout dans les zones urbaines où la dépendance au transport motorisé est forte.
Contexte régional et risques climatiques
Au niveau régional, la production de maïs de première saison en Afrique de l’Ouest et du Centre reste proche de la moyenne, mais la variabilité des précipitations, les déficits d’humidité locale et les tensions liées aux conflits continuent de fragiliser les systèmes agricoles. Le rapport met en garde contre un phénomène El Niño potentiellement intense, avec plus de 90 % de probabilité de persistance et 69 % de chances de dépasser les records depuis 1950, ce qui pourrait accentuer les risques de pénurie et de hausse des prix à la prochaine saison de culture.