La dissolution soudaine du conseil d'administration de la National Sports Authority (NSA) au Ghana, actée le 2 septembre 2026, place le projet ambitieux des « Constituency Games » dans une zone d'incertitude administrative. Si cette décision présidentielle marque une transition institutionnelle, elle soulève un enjeu majeur de continuité pour les politiques publiques de détection des talents sportifs à l'échelle nationale.
Un projet structurant face à l'instabilité administrative
Les « Constituency Games », conçus pour couvrir les 276 circonscriptions du pays, visaient à créer un pont entre le sport communautaire et l'élite olympique. Ce programme, ciblant les jeunes de 15 à 35 ans, ne dépendait pas d'une seule personne mais d'une architecture institutionnelle validée par la présidence et coordonnée par le ministère. Malgré la dissolution du conseil dirigé par le Dr Fred Awaah, le mandat légal de la NSA, défini par la loi de 2016 (Act 934), demeure intact. L'enjeu est désormais d'éviter que cette transition ne se transforme en « amnésie institutionnelle » où le travail préparatoire, les partenariats et les budgets prévisionnels seraient perdus.
Le défi de la mémoire institutionnelle
Le rôle de Samson Deen, président du Comité paralympique ghanéen et ancien président du comité de mobilisation des ressources pour ces jeux, est ici crucial. Il détient une connaissance technique indispensable sur les standards d'inclusion, les risques financiers et les protocoles de sélection. La valeur de son travail, ainsi que celle des autres membres sortants, constitue un actif public. Pour garantir la pérennité du projet, il est impératif que ces informations soient formellement transmises au futur conseil d'administration, indépendamment de la reconduction ou non des individus.
L'impératif d'une feuille de route claire
La loi de 2016 impose à la NSA de promouvoir le sport de masse via des unités de district. Toutefois, les « Constituency Games » reposent sur un découpage électoral qui ne coïncide pas toujours avec les structures administratives décentralisées existantes. Le futur conseil devra clarifier l'articulation opérationnelle entre les circonscriptions, les comités sportifs régionaux et les fédérations nationales. Alors que le projet n'a pas été officiellement annulé, la crédibilité de l'État dépendra de sa capacité à transformer cette ambition en une réalité structurée, plutôt que de laisser le projet s'effriter par manque de suivi administratif.