Le prochain vol d'essai du système Starship, prévu par SpaceX d'ici fin novembre, marquera une étape décisive dans l'ambition de l'entreprise de rendre ses lanceurs entièrement réutilisables. Elon Musk a confirmé que les équipes tenteront une manœuvre inédite : la capture du second étage de la fusée par les bras mécaniques de la tour de lancement.
Un calendrier ajusté pour des optimisations techniques
Initialement envisagé pour octobre, le 15e vol d'essai de Starship est désormais programmé pour une fenêtre située entre quatre et six semaines, soit peu avant la période de Thanksgiving. Ce délai est nécessaire pour intégrer des centaines de modifications techniques sur le véhicule. Selon Elon Musk, ces ajustements complexes exigent des interventions directes à l'intérieur des réservoirs, illustrant la nature itérative du développement de ce lanceur lourd.
Le défi technique de la capture du second étage
L'enjeu majeur de cette mission réside dans la récupération du « Ship », le second étage de la fusée. Si SpaceX a déjà démontré sa capacité à récupérer le premier étage, le Super Heavy, grâce à ses bras mécaniques surnommés « Mechazilla », la capture du second étage constitue un saut technologique inédit. Réussir cette opération permettrait d'atteindre, pour la première fois, une récupération complète d'un système de classe orbitale, une prouesse technique qui dépasse les capacités actuelles des lanceurs comme le Falcon 9 ou le New Glenn, dont seule la partie inférieure est réutilisée.
Vers une réutilisation totale des composants
Au-delà de ce test, SpaceX projette déjà le vol 16, qui viserait la réutilisation simultanée du booster et du vaisseau. Cette capacité de réutilisation intégrale est au cœur de la stratégie économique et opérationnelle de l'entreprise. Toutefois, la concrétisation de ces ambitions reste soumise à des contraintes réglementaires strictes. Le retour du second étage sur le site de lancement implique un survol de la terre ferme, ce qui nécessite l'obtention d'autorisations spécifiques et le passage par des revues de sécurité aérienne rigoureuses avant de pouvoir valider cette trajectoire inédite.