Le premier essai orbital du Starship, la fusée géante de SpaceX, a été interrompu prématurément ce lundi 28 septembre. Initialement prévue pour durer dix heures, la mission a été ramenée à un peu plus de deux heures par mesure de sécurité, suite à une anomalie survenue sur l'un des moteurs de l'étage supérieur.
Une défaillance moteur sous surveillance
Alors que le décollage et la séparation du booster Super Heavy se sont déroulés sans encombre, le vaisseau (le « Ship ») a rencontré une difficulté technique lors de son ascension. L'un des trois moteurs Raptor Vacuum, conçus pour la propulsion dans le vide spatial, s'est éteint prématurément. Bien que les cinq autres moteurs aient compensé cette perte pour atteindre la trajectoire visée, cet incident a contraint les équipes au sol à une vigilance accrue. SpaceX a dû valider l'état des trois moteurs restants, destinés aux manœuvres de désorbitation, avant d'autoriser la poursuite du vol.
La priorité à la sécurité opérationnelle
La décision de limiter la durée de la mission découle d'une analyse des risques liés à la rentrée atmosphérique. Pour redescendre en toute sécurité, le Starship doit impérativement rallumer ses moteurs afin de freiner sa course. En l'absence de cette manœuvre, le vaisseau risquerait de rester en orbite de manière incontrôlée. Par excès de prudence, les contrôleurs de vol ont préféré déclencher la procédure de retour après seulement 2 h 12 de mission, plutôt que de maintenir le calendrier initial de six tours de Terre.
Un succès technique malgré l'interruption
Malgré cet écourtement, la mission a permis de valider des étapes clés. Le Starship a réussi à larguer 26 satellites Starlink avant d'entamer sa descente vers une zone sécurisée dans le Pacifique Nord. Le vaisseau a effectué avec succès sa première manœuvre de désorbitation, rallumant ses moteurs pour traverser l'atmosphère et se stabiliser avant son amerrissage. Si l'appareil a fini par exploser une fois en mer, SpaceX considère ce test comme une avancée majeure pour le programme, tout en poursuivant l'enquête sur les causes exactes de la coupure moteur initiale.