Le gouvernement néerlandais a initié le développement de DAWO, un environnement de travail numérique autonome basé sur la distribution Linux NixOS, afin de réduire sa dépendance aux solutions logicielles américaines. Ce projet stratégique, qui fait suite à des tensions diplomatiques liées à l'accès aux outils numériques, marque une étape supplémentaire dans la quête de souveraineté technologique de l'administration publique.
Une réponse aux risques de dépendance technologique
La décision néerlandaise trouve son origine au début de l'année 2025, après que Microsoft a suspendu l'accès à ses services, y compris la messagerie, au procureur en chef de la Cour pénale internationale située à La Haye. Cet incident a mis en lumière la vulnérabilité des institutions nationales face aux décisions unilatérales prises par des entreprises étrangères. En réponse, une commission interministérielle a ordonné en juillet la création de DAWO (Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid), un système conçu pour garantir l'autonomie numérique de l'État.
Le choix stratégique de NixOS
Pour bâtir cette infrastructure, le choix s'est porté sur NixOS, une distribution Linux reconnue pour son absence de contrôle par une entité commerciale. Contrairement à d'autres solutions comme Fedora ou openSUSE, écartées en raison de leurs liens avec des entreprises comme IBM, NixOS offre une indépendance jugée cruciale. Actuellement, des phases de test sont menées par huit communes néerlandaises. Ces expérimentations utilisent du matériel informatique ancien, démontrant la capacité du système à prolonger la durée de vie des équipements là où les versions récentes de Windows ne sont plus compatibles.
Une dynamique européenne de transition
Les Pays-Bas s'inscrivent dans une tendance plus large au sein de l'Union européenne, où plusieurs États cherchent à s'extraire de l'écosystème Microsoft. Le Danemark, la France et la Suisse ont déjà engagé des processus de migration vers des solutions open source pour leurs administrations. Si ces initiatives témoignent d'une volonté politique forte, le défi reste immense : l'Europe demeure largement tributaire des grandes plateformes américaines, faute d'alternatives locales capables de rivaliser à la même échelle. Le gouvernement néerlandais espère néanmoins aboutir à une version stable de son système d'ici 2027.