La communauté soufi burkinabè apporte son soutien à la récente loi encadrant les pratiques religieuses, tout en appelant à une mobilisation collective pour restaurer la paix et promouvoir la tolérance.
Un plaidoyer pour un islam ordonné et encadré
Lors d’une rencontre avec les médias, Cheick Moaz Ouédraogo, président de la Communauté internationale des soufis au Burkina, a réaffirmé l’adhésion de sa communauté à toute initiative visant à structurer les pratiques religieuses et à lutter contre les dérives extrémistes. Selon lui, une loi clarifiant les règles de fonctionnement des cultes, notamment pour les musulmans, est une avancée nécessaire pour garantir un islam « ordonné », où chaque fidèle connaît les limites entre ce qui est permis et interdit. Cette position s’inscrit dans un contexte où les autorités burkinabè cherchent à renforcer le cadre juridique des libertés religieuses, tout en luttant contre les menaces sécuritaires liées au terrorisme.
Le responsable religieux a également souligné l’importance de veiller à ce que les pratiques religieuses ne nuisent pas à la cohésion sociale. « Il ne faut pas adorer le Seigneur en faisant des choses qui vont nuire aux êtres humains et à ses prochains », a-t-il déclaré, rappelant que l’islam, comme toute religion, doit s’exercer dans le respect de l’autre. Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de la paix civile, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires persistants.
L’extrémisme violent et la jeunesse, cibles d’un appel à la responsabilité
Cheick Moaz Ouédraogo a salué les prises de position des autorités, notamment celles du président Ibrahim Traoré, qu’il juge en phase avec les enseignements coraniques sur la modération et le rejet de la violence. Il a condamné sans ambiguïté les attaques contre les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants, rappelant que l’islam interdit formellement le meurtre injustifié et prône le dialogue, y compris avec les « gens du Livre ». Cette référence aux relations interreligieuses s’inscrit dans une tradition soufie marquée par le respect des différences et la recherche de l’harmonie communautaire.
Face à la radicalisation, notamment via les réseaux sociaux, le leader soufi a appelé la jeunesse burkinabè à la vigilance et à l’engagement en faveur de la paix. Il a invité les jeunes à devenir des « ambassadeurs de la tolérance » dans tous les espaces de la société, des écoles aux forces de sécurité, en passant par les marchés et les services publics. Ce message s’adresse à une génération souvent ciblée par les discours de haine et les appels à la violence, alors que le Burkina Faso tente de préserver sa stabilité sociale et politique.