Une initiative inédite pour désamorcer les tensions communautaires dans une zone frontalière historiquement instable. Les autorités locales du Tchad et de la République centrafricaine (RCA) organisent une conférence transfrontalière les 28 et 29 août 2026 à Mbaïbokoum, dans le sud du Tchad, afin de renforcer la coordination entre les sous-préfets des régions du Logone oriental et de Yadé. Soutenue par l’ONG Concordis International, cette rencontre vise à établir des mécanismes concrets de prévention et de gestion des conflits communautaires qui empoisonnent régulièrement cette zone.
Une zone sous haute tension depuis des années
Le Logone oriental, au Tchad, et la région de Yadé, en RCA, partagent une frontière poreuse où les tensions intercommunautaires, souvent liées à des rivalités foncières ou à des mouvements de populations, dégénèrent régulièrement en violences. Ces conflits, qui s’étendent sur plusieurs décennies, perturbent la stabilité locale et entravent le développement économique de la région. Les autorités locales, conscientes de l’urgence, ont décidé de passer à l’action en organisant cette conférence, première du genre à ce niveau administratif.
Un cadre de dialogue inédit pour des solutions durables
L’objectif principal de cette rencontre est de créer un cadre de dialogue permanent entre les sous-préfets des deux pays, afin de faciliter l’échange d’informations et la mise en place de stratégies communes. Les participants devraient aborder des questions clés comme la gestion des ressources naturelles, la sécurité des populations civiles et la médiation des conflits locaux. L’implication de Concordis International, spécialisée dans la consolidation de la paix, souligne l’importance accordée à cette initiative, qui pourrait servir de modèle pour d’autres zones frontalières en Afrique centrale.
Quels mécanismes pour une paix durable ?
Si les détails précis des solutions envisagées restent à définir, les organisateurs insistent sur la nécessité d’une approche intégrée, combinant prévention, médiation et coopération transfrontalière. Une des pistes évoquées serait la création de cellules de crise communes, capables d’intervenir rapidement en cas de résurgence de violences. Une autre priorité serait la sensibilisation des communautés locales aux enjeux de la coexistence pacifique, afin de briser le cycle de la vengeance et de la méfiance. Les résultats concrets de cette conférence pourraient être déterminants pour l’avenir de cette région, souvent négligée par les politiques nationales mais stratégique pour la stabilité sous-régionale.