Le groupe agro-industriel Somdia relance le dialogue autour de la cession de la Sosucam, tout en dénonçant les perturbations médiatiques qui menacent le processus. Une stratégie axée sur la confiance et la préservation des emplois pour rassurer les parties prenantes.
Un message clair : la réussite de la cession avant tout
Somdia a choisi de s’exprimer publiquement le 27 août 2026 pour réaffirmer sa volonté de mener à bien la cession de la Sosucam, une entreprise clé de la filière sucrière camerounaise. Le groupe, intégré au géant Castel depuis 2022, insiste sur un climat de travail « constructif », malgré les articles de presse qui, selon lui, ont inutilement compliqué les négociations en cours. L’objectif affiché est sans ambiguïté : assurer à la Sosucam les meilleures perspectives de développement à long terme, tout en protégeant les emplois et en soutenant la filière locale.
Avec une production annuelle de 290 000 tonnes de sucre, la Sosucam représente bien plus qu’une simple usine : elle est un pilier économique pour des milliers de familles camerounaises, directement ou indirectement dépendantes de son activité. Olivier Parent, PDG de Somdia, souligne l’importance de ce dossier, où la stabilité sociale et industrielle prime sur toute autre considération.
Le Comité stratégique sur le terrain pour évaluer les enjeux
Le 25 août 2026, le Comité Stratégique de Pilotage, créé par le Premier Ministre camerounais, s’est rendu sur le site de la Sosucam. Cette visite avait pour but de poursuivre les échanges avec les équipes de l’entreprise et les partenaires sociaux, tout en examinant les projets industriels futurs de la filiale. Le groupe Somdia, présent dans quatre pays africains (Cameroun, Côte d’Ivoire, Tchad et Congo), mise sur une vision de production locale durable, incarnée par des filiales comme la SUCAF en Côte d’Ivoire ou la SARIS au Congo.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de souveraineté alimentaire pour le Cameroun, où la Sosucam joue un rôle structurant. Le processus de cession, bien plus qu’une simple transaction financière, devient ainsi un test pour la capacité du pays à négocier avec un partenaire industriel historique. Somdia, qui emploie plus de 9 000 collaborateurs en Afrique, appelle à la retenue dans les débats publics, tant les enjeux dépassent le cadre strict de l’entreprise.
Un appel à la responsabilité pour préserver l’équilibre économique
Somdia dénonce les déclarations qui, selon elle, brouillent un processus mené avec rigueur et priorité absolue : la préservation des fondamentaux de l’entreprise. Le groupe, dont la filiale Sosucam est un maillon essentiel de la filière sucrière camerounaise, rappelle que chaque décision impacte des milliers de vies. La stabilité de cette filière, déjà fragile, dépend en grande partie de la capacité des acteurs à maintenir un dialogue apaisé.
Alors que les discussions s’intensifient, l’enjeu n’est pas seulement économique, mais aussi social et politique. La réussite de cette cession pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs stratégiques au Cameroun, où la question de la souveraineté industrielle reste un sujet sensible. Somdia, en misant sur la transparence et la confiance, tente de désamorcer les tensions et de garantir un avenir stable à la Sosucam et à ses salariés.