L'astronaute française Sophie Adenot s'apprête à quitter la Station spatiale internationale pour la troisième fois, mardi 1er septembre, en dirigeant cette sortie aux côtés de l'Américaine Jessica Meir. Un EVA entièrement féminin au cours duquel le duo procédera à des opérations de maintenance sur le laboratoire orbital.
Un troisième EVA sous le commandement d'Adenot
Après avoir marqué l'histoire le 18 août en devenant la première Française à marcher dans le vide spatial, Sophie Adenot prendra cette fois les commandes de la sortie en tant que « crew member 1 », a annoncé la Nasa. Elle sera accompagnée de l'astronaute américaine Jessica Meir pour un EVA 100 % féminin, débutant vers 12 h 30 GMT (14 h 30 heure de Paris) et d'une durée prévue d'environ six heures et demie. L'opération sera retransmise en direct par l'agence spatiale américaine.
Remplacement du rétroréflecteur et maintenance
La mission principale consistera à remplacer un dispositif optique appelé « rétroréflecteur », qui assiste les vaisseaux spatiaux lors de leurs opérations de rendez-vous et d'amarrage à l'ISS. Le duo enchaînera ensuite avec plusieurs tâches de maintenance : installation de câbles et remplacement d'une caméra haute définition. Ces interventions s'inscrivent dans l'entretien courant du laboratoire orbital, à environ 400 km de la Terre.
Le succès difficile de l'EVA précédente
Lors de ses deux premières sorties, Sophie Adenot, âgée de 44 ans, avait collaboré avec l'astronaute américain Anil Menon pour remplacer une antenne défectueuse permettant à l'ISS de communiquer avec le centre de contrôle de Houston. Confrontés à de nombreux pépins mécaniques – connecteurs électriques, vis récalcitrantes –, ils n'avaient pas pu achever la tâche en une seule sortie comme prévu. Au lendemain de cette deuxième EVA, l'astronaute s'est dite « un peu courbaturée » mais fière d'une « mission accomplie » : la nouvelle antenne est installée et les premiers tests sont encourageants.
Le conseil de Claudie Haigneré avant le grand saut
Si sa première sortie avait été un mélange de « joie intense » et d'« appréhension », Sophie Adenot a confié avoir ressenti davantage de pression avant la deuxième. Elle a trouvé du soutien dans un message de Claudie Haigneré, première Française à avoir effectué une mission dans l'ISS : « Sophie, fais confiance aux équipes, fais confiance à tout ce que tu as appris, fais confiance aux procédures. » L'astronaute, qui décrit le scaphandre comme une « bête à dompter » où chaque mouvement représente une dépense énergétique considérable, a qualifié ce succès opérationnel de « grande victoire psychologique et mentale ».