L'entrepreneure Sophia Momodu a profité de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York pour briser le silence sur les pressions sociales qu'elle a subies en tant que mère célibataire. Son témoignage met en lumière les défis persistants liés aux attentes conservatrices et religieuses qui pèsent sur les femmes au Nigeria.
Le poids des normes religieuses et sociales
Fille de pasteur, Sophia Momodu a décrit la difficulté d'évoluer dans un environnement où la maternité hors mariage est perçue comme un tabou majeur. Selon elle, son parcours personnel, marqué par une grossesse médiatisée avec une figure publique, a été le théâtre d'une stigmatisation intense. Elle souligne que, dans le contexte nigérian, le statut de « fille de pasteur » renforce paradoxalement la sévérité du jugement social, transformant une expérience de vie privée en une faute morale publique.
La lutte pour la réappropriation de la parole
Au-delà de l'opprobre social, Momodu a évoqué les tentatives de musellement dont elle a fait l'objet. Elle a notamment rapporté des pressions familiales et sociales l'incitant au silence, au nom d'une certaine bienséance attendue des femmes noires. Pendant longtemps, elle a estimé que sa voix était étouffée par la négativité entourant son histoire, l'empêchant de définir elle-même son identité au-delà de son exposition médiatique.
Un enjeu de solidarité féminine
Le partage de son expérience dans des forums internationaux, notamment en Afrique du Sud et désormais aux Nations Unies, a agi comme un catalyseur. En brisant ce silence, l'entrepreneure a découvert une communauté de femmes partageant des vécus similaires, confrontées aux mêmes injonctions au silence. Ce réseau de soutien lui a permis de transformer une épreuve personnelle en un plaidoyer pour la liberté d'expression des femmes. Pour Momodu, la poursuite de ce récit public est devenue une nécessité pour déconstruire les préjugés qui continuent de marginaliser les mères célibataires dans de nombreuses strates de la société nigériane.