Les géants de l'industrie musicale, Sony Music et Warner Music, ont engagé des poursuites judiciaires d'envergure contre la start-up Anthropic. Ils accusent l'entreprise, créatrice du chatbot Claude, d'avoir massivement utilisé des œuvres protégées par le droit d'auteur pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle.
Cette action en justice, qualifiée par les plaignants de lutte contre l'un des vols de propriété intellectuelle les plus flagrants de l'histoire, met en lumière les tensions croissantes entre les développeurs d'IA et les détenteurs de droits culturels. Les majors réclament des dommages et intérêts pouvant atteindre 150 000 dollars par œuvre utilisée sans autorisation.
Des méthodes de collecte controversées
Au cœur de la plainte figurent les méthodes employées par Anthropic pour alimenter ses systèmes. Selon Sony et Warner, la start-up aurait eu recours au scraping et au protocole de partage de fichiers BitTorrent pour aspirer des dizaines de milliers de chansons, incluant des titres mondialement connus comme All I Want for Christmas is You ou Eye of the Tiger. Les plaignants soutiennent que ces données ont été extraites illégalement pour générer des profits considérables via le développement de technologies d'IA.
La responsabilité des dirigeants visée
La procédure judiciaire ne cible pas uniquement l'entité morale Anthropic, mais pointe également la responsabilité directe de ses dirigeants. Les majors affirment que le PDG Dario Amodei et le cofondateur Benjamin Mann ont supervisé personnellement le téléchargement de millions d'exemplaires piratés, incluant des partitions et des paroles de chansons, dès juin 2021. Cette implication personnelle des cadres supérieurs constitue un axe majeur de l'argumentation des éditeurs pour démontrer le caractère délibéré de la violation des droits.
Un précédent juridique lourd
Cette offensive judiciaire s'inscrit dans un contexte de multiplication des litiges pour la start-up. Anthropic a récemment conclu un accord transactionnel de 1,5 milliard de dollars pour clore un conflit similaire lié à l'utilisation non autorisée de livres protégés. Par ailleurs, cette plainte fait écho aux actions menées par Universal Music Group et Concord Music, qui réclament de leur côté jusqu'à trois milliards de dollars pour l'utilisation de 20 000 morceaux. L'issue de ces procès pourrait définir les standards de rémunération et de légalité pour l'entraînement des modèles d'IA générative à l'échelle mondiale.