Un enregistrement téléphonique présumé relance les tensions entre Pastef et l’ex-Première ministre Aminata Touré, alors que le parti au pouvoir tente de déconstruire les critiques internes.
Les faits essentiels
Lors d’une conférence de presse organisée par Pastef-Les Patriotes, le député Amadou Ba a révélé des échanges téléphoniques entre Ousmane Sonko et Aminata Touré, survenus alors que cette dernière occupait le poste de Première ministre. Selon ses déclarations, Aminata Touré aurait tenu des propos très critiques à l’encontre de Bassirou Diomaye Faye, qualifiant son leadership de « incapable de diriger ce pays » et prédisant qu’il ne « durerait pas deux ans ».
Amadou Ba a également accusé l’ancienne Première ministre de vouloir « changer l’histoire » et de réécrire les événements passés en fonction des rapports de force politiques actuels. Face à ces révélations, il a appelé à la retenue, affirmant que son parti refusait toute escalade vers la violence.
Pourquoi c'est important
Ces révélations interviennent dans un contexte de polarisation accrue entre les partisans de Pastef et ses opposants, notamment Aminata Touré, figure historique du parti au pouvoir. La publication de ces échanges, si elle est confirmée, pourrait fragiliser davantage la cohésion interne du mouvement et alimenter les suspicions sur les motivations politiques derrière ces critiques.
L’accusation de réécriture de l’histoire souligne une stratégie de déstabilisation, où les alliances passées sont réinterprétées à la lumière des conflits actuels. Cela pourrait aussi renforcer les divisions au sein de l’opposition, où les anciens alliés de Bassirou Diomaye Faye pourraient être tentés de prendre leurs distances.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à éclaircir, notamment la véracité des propos rapportés et leur contexte exact. Pastef a-t-il obtenu ces enregistrements de manière légale ? Aminata Touré a-t-elle eu l’occasion de réagir officiellement à ces accusations ?
Par ailleurs, la réaction des autres figures politiques, qu’elles soient alliées ou opposantes à Pastef, sera déterminante pour mesurer l’ampleur des conséquences. Une escalade verbale pourrait en effet aggraver les tensions, tandis qu’un apaisement des débats pourrait permettre de recentrer le débat sur les enjeux de gouvernance.