Le Bureau de l’Assemblée nationale sénégalaise a validé, ce 2 septembre 2026, deux propositions de loi, dont une visant à encadrer strictement les fonds spéciaux, relançant ainsi un conflit institutionnel avec le président Bassirou Diomaye Faye. Le texte, qui doit encore être soumis à l’avis du chef de l’État, s’inscrit dans une logique de transparence budgétaire, mais son parcours législatif s’annonce semé d’embûches après un premier rejet par le Conseil constitutionnel.
Un nouveau texte après l’échec d’une première tentative
Cette proposition de loi sur les fonds spéciaux intervient moins d’une semaine après l’invalidation par le Conseil constitutionnel d’un texte similaire, jugé contraire à l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. Le 9 juillet 2026, les Sages avaient déjà bloqué un projet de révision constitutionnelle porté par la majorité parlementaire, confirmant une tension persistante entre les institutions. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée, n’a pas cédé : il a immédiatement annoncé la préparation d’un nouveau texte, qu’il a finalement soumis au Bureau de l’Assemblée, comme promis.
Transparence contre résistance : les promesses de Faye mises à l’épreuve
Le projet de loi porté par Sonko s’attaque à l’un des symboles de la promesse de rupture de Bassirou Diomaye Faye : la suppression des fonds politiques au profit de fonds spéciaux mieux contrôlés. Pourtant, sa mise en œuvre se heurte à des résistances. Lors des débats en commission, le gouvernement, représenté par le ministre de la Justice, avait proposé six amendements pour limiter la portée du texte, tous rejetés par les députés du Pastef. Pire, le ministre avait contesté la recevabilité même du texte, avant que le Bureau de l’Assemblée ne l’examine finalement.
Des milliards en jeu et des questions sans réponse
Ousmane Sonko a multiplié les déclarations publiques sur l’opacité des fonds spéciaux, évoquant une opération de plus de 3 milliards de francs CFA au niveau de la Primature, dont l’origine et l’utilisation restent floues. Ces allégations, jamais étayées par des documents officiels, alimentent un climat de défiance. Le texte de Sonko vise précisément à encadrer ces crédits, en les limitant aux missions de défense, de sécurité intérieure et extérieure ainsi qu’aux activités de renseignement. Une restriction que l’exécutif semble déterminé à contester, malgré les promesses de transparence faites par Faye lors de son élection en 2024.