Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, accuse une accélération des lotissements irréguliers après son départ de la Primature et promet une enquête parlementaire pour établir les responsabilités.
Les faits essentiels
Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale et figure du parti Pastef, affirme avoir bloqué durant son passage à la Primature des projets de lotissements jugés non conformes aux procédures légales. Selon lui, 90 % des lotissements concernés n’auraient pas respecté la réglementation en vigueur. Après son départ, il dénonce une reprise des opérations, qu’il qualifie de « précipitation » pour contourner les règles.
Pour faire la lumière sur ces irrégularités, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place. Sonko insiste sur la nécessité de mener cette mission à son terme avant toute autre initiative, comme une auto-saisine de la justice par la société civile, qu’il juge susceptible de « protéger des personnes ».
Le leader politique réaffirme son engagement à honorer les promesses faites aux Sénégalais, qu’importe le calendrier, tout en soulignant que les travaux de la commission ne remettront pas en cause ces engagements.
Pourquoi c'est important
Ce dossier des lotissements irréguliers s’inscrit dans une logique plus large de reddition des comptes et de lutte contre la corruption, un enjeu central pour la crédibilité des institutions sénégalaises. Les accusations portées par Sonko, ancien Premier ministre, révèlent une possible dérive dans la gestion des terres, un sujet sensible dans un pays où l’accès au foncier est souvent source de tensions sociales et politiques.
La mise en place d’une commission parlementaire marque une volonté de transparence, mais aussi un risque de polarisation politique. Les déclarations de Sonko, qui lie directement ces irrégularités à son départ de la Primature, pourraient alimenter les débats sur la continuité des politiques publiques et la responsabilité des gouvernants.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à clarifier dans les prochaines semaines. D’abord, les conclusions de la commission d’enquête parlementaire : ses travaux pourraient révéler l’ampleur réelle des irrégularités et désigner des responsables, ce qui pourrait entraîner des sanctions ou des réformes législatives.
Ensuite, la réaction des acteurs concernés, notamment les promoteurs immobiliers et les autorités locales, sera déterminante. Une éventuelle résistance ou tentative de contournement des procédures pourrait compliquer la tâche de la commission. Enfin, l’évolution du calendrier politique, avec les engagements de Sonko sur la reddition des comptes, sera un indicateur de la volonté réelle de changement au sein des institutions sénégalaises.