Le président en exercice de l'Union africaine (UA), Évariste Ndayishimiye, a profité du XVIIIe sommet des BRICS tenu à New Delhi en septembre 2026 pour redéfinir les priorités de la coopération entre le continent et les puissances émergentes. En plaçant l'accès à l'eau, les infrastructures et l'énergie au centre des discussions, l'UA cherche à ancrer ce partenariat dans des besoins de développement humain concrets plutôt que dans une simple rhétorique géopolitique.
L'eau comme levier de transformation structurelle
Pour l'Union africaine, la gestion durable de l'eau n'est pas seulement un enjeu environnemental, mais un pilier fondamental de la stabilité continentale. Selon les experts de l'organisation, cette ressource conditionne directement la santé publique, la sécurité alimentaire, la production d'énergie hydroélectrique et la création d'emplois. En sollicitant l'expertise et les capacités de financement des BRICS pour des projets d'irrigation et de traitement de l'eau à grande échelle, l'UA ambitionne de transformer ces besoins de base en projets d'infrastructures bancables.
Une stratégie de multi-alignement assumée
La participation du président Ndayishimiye à ce sommet illustre une volonté de l'Afrique de diversifier ses points d'appui diplomatiques. En s'adressant aux BRICS tout en rappelant son ancrage au G20, le dirigeant burundais affirme une stratégie de « multi-alignement maîtrisé ». Cette approche vise à renforcer le poids de l'Afrique dans les négociations internationales, en évitant de choisir entre les blocs traditionnels et le Sud global, tout en imposant son propre récit sur la scène mondiale.
Réforme de la gouvernance et solutions africaines
La déclaration de New Delhi, adoptée à l'unanimité par les chefs d'État et de gouvernement, acte une convergence de vues sur la nécessité de réformer les institutions multilatérales. Le texte appelle à une refonte structurelle du Conseil de sécurité de l'ONU et des institutions financières comme le FMI et la Banque mondiale, afin de mieux refléter la réalité multipolaire actuelle. Les BRICS ont réitéré leur soutien au principe de « solutions africaines aux problèmes africains », promettant d'aligner leurs investissements sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Coopération technologique et sécuritaire
Au-delà des enjeux financiers, le sommet a ouvert des perspectives de collaboration dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la couverture sanitaire universelle et de la valorisation des ressources minérales critiques. Sur le plan sécuritaire, les dirigeants ont condamné les menaces terroristes et appelé à une résolution pacifique des conflits, notamment au Soudan et au Moyen-Orient, soulignant l'importance du dialogue et de la médiation dans un contexte mondial marqué par des tensions croissantes sur les infrastructures civiles.