À l'approche de l'échéance électorale de 2027, le paysage politique nigérian fait l'objet de vives spéculations. Solomon Dalung, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, a récemment affirmé que le président Bola Tinubu pourrait subir une défaite cuisante, soulignant une érosion significative de sa base électorale dans le Nord du pays.
L'érosion du socle électoral dans le Nord
Selon M. Dalung, membre de l'African Democratic Congress (ADC), le succès électoral de Bola Tinubu en 2023 reposait en grande partie sur l'influence politique de l'ancien président Muhammadu Buhari. L'ancien ministre estime que le décès de ce dernier, couplé aux conséquences des politiques économiques actuelles, a radicalement modifié la donne. Il avance que le président pourrait perdre une part substantielle de ses 8,7 millions de voix initiales, ne conservant potentiellement qu'environ 3,7 millions de suffrages dans cette région clé.
Le poids du mécontentement social
Au-delà des calculs partisans, M. Dalung insiste sur le fait que la colère actuelle des citoyens dépasse les clivages politiques traditionnels. Il accuse l'administration en place de « gestion imprudente » et d'impunité, affirmant que les difficultés quotidiennes rencontrées par les Nigérians transforment, de fait, le gouvernement en un levier de campagne pour l'opposition. Pour illustrer la fragilité de la majorité actuelle, il cite l'échec du parti au pouvoir lors d'élections locales récentes, malgré une mobilisation importante de ressources et de responsables politiques.
Réalignements et perspectives pour 2027
Dans cette perspective de recomposition politique, Solomon Dalung plaide pour une alternative portée par des figures expérimentées. Il soutient un ticket composé de l'ancien vice-président Atiku Abubakar et de l'ancien gouverneur de l'État de Rivers, Rotimi Amaechi. Selon lui, leur expérience cumulée au sein du système politique nigérian constitue un atout majeur pour répondre aux défis structurels du pays, notamment en matière d'économie, de sécurité et d'unité nationale. Si le paysage de l'opposition reste encore fluide, ces prises de position marquent une volonté de structurer une alternative crédible face au pouvoir en place.