Le géant français de la restauration collective Sodexo frappe fort en France avec un plan social inédit : près de 1 100 postes supprimés, soit 4 % de ses effectifs locaux, pour relancer sa compétitivité. Une annonce qui provoque l’émotion des syndicats, malgré un contexte de croissance affichée.
Un plan social de grande ampleur pour Sodexo France
Sodexo, leader mondial des services de restauration collective, a officialisé mercredi la suppression de 963 postes en France dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), auxquels s’ajoutent 134 emplois au siège parisien d’Issy-les-Moulineaux. Ce plan, précédé d’une phase de départs volontaires, représente 4 % des 25 000 salariés que le groupe emploie en France, où il exploite 4 000 sites. Il s’agit du deuxième plan social majeur en quatre ans, après les 2 000 suppressions de postes réalisées en 2020 dans le contexte de la crise sanitaire.
Des syndicats sous le choc face à une « mesure injuste »
Les réactions syndicales sont unanimes : pour Éric Villecroze, délégué syndical central FO, l’annonce est un « vrai tremblement de terre ». Les syndicats dénoncent une décision « injuste », ciblant principalement des postes administratifs, et s’interrogent sur la légitimité d’un tel plan alors que Sodexo affiche une croissance de son chiffre d’affaires et des ambitions stratégiques pour les années à venir. La CGT, dans un communiqué cinglant, qualifie la situation de « nouvelle casse sociale » et rappelle que « les salariés ne sont responsables ni des choix stratégiques, ni des erreurs de management, ni des exigences financières des actionnaires ».
Compétitivité en ligne de mire, mais à quel prix ?
Sodexo justifie ce plan par la nécessité de renforcer sa compétitivité sur un marché concurrentiel. Thierry Delaporte, directeur général arrivé fin 2025, avait reconnu en avril des lacunes dans l’investissement en compétences et une exécution irrégulière de ses offres. Le groupe mise sur un nouveau plan stratégique, « Shift and Grow 2030 », pour redresser la barre : les exercices 2026 et 2027 seront consacrés à la « restauration de la compétitivité », avant une accélération de la croissance à partir de 2028. L’objectif ? Dynamiser la croissance, simplifier les modes de fonctionnement et investir dans l’innovation numérique.
Un contexte économique contrasté et des défis persistants
Malgré des performances contrastées aux États-Unis – où Sodexo réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires – et un exercice 2025-2026 qualifié de « transition », le groupe a relevé en juillet ses objectifs de croissance après un troisième trimestre meilleur que prévu. Les résultats définitifs de cet exercice seront publiés le 23 octobre. Si Sodexo n’est pas en faillite, la question de l’équilibre entre rentabilité et impact social reste entière, alors que les syndicats appellent à une remise en cause des priorités managériales.