La start-up sénégalaise Socium aurait été victime d’un vaste système de détournement organisé depuis l’intérieur de l’entreprise. Selon les informations disponibles, Youssouph Pierre Oumar Diatta, ancien bras droit du dirigeant devenu responsable administratif et financier, aurait profité de la confiance placée en lui pour effectuer des retraits, verser de prétendus salaires à des agents fictifs et transférer des fonds vers ses comptes personnels.
Le préjudice provisoire est évalué à au moins 400 millions de FCFA, mais un audit pourrait encore revoir ce montant à la hausse. L’affaire prend naissance au sein même de Socium, une start-up sénégalaise spécialisée dans la mise en relation des entreprises africaines avec des demandeurs d’emploi à travers le monde.
Les enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité soupçonnent Youssouph Pierre Oumar Diatta d’avoir mis en place un système frauduleux ayant permis de soustraire au moins 400 millions de FCFA aux finances de la société. Il a été déféré au parquet pour association de malfaiteurs, abus de confiance et blanchiment de capitaux.
Les opérations suspectes ne se limitaient pas aux chèques. Youssouph Pierre Oumar Diatta aurait également procédé au paiement de prétendus salaires à des agents fictifs. Les sommes officiellement présentées comme des rémunérations auraient été directement détournées vers le compte personnel du responsable administratif et financier.
Les investigations ont également permis d’identifier des transferts réalisés à partir d’un compte Julaya mis à la disposition de Socium. Youssouph Pierre Oumar Diatta aurait transféré 45 millions de FCFA depuis ce compte professionnel vers son propre compte Wave.
Il a également utilisé la carte bancaire de la société pour retirer 182 millions de FCFA. Cette somme représente à elle seule une part considérable du préjudice provisoire évalué par Socium.
Les enquêteurs devront retracer les différentes opérations réalisées avec la carte, leurs dates, leurs lieux d’exécution et la destination finale de l’argent. L’utilisation présumée de plusieurs circuits — chèques au porteur, carte bancaire, compte Julaya, transferts Wave et salaires fictifs — laisse apparaître un dispositif diversifié qui aurait permis de multiplier les sorties de fonds tout en retardant leur détection.