Six mois après le déclenchement d’un conflit dévastateur au Moyen-Orient, l’Iran maintient une posture intransigeante face à la stratégie américaine de pression économique, tout en verrouillant un passage maritime stratégique. Malgré des frappes initiales, un cessez-le-feu précaire et l’échec d’un protocole d’accord en juillet, Téhéran affirme que les sanctions ne feront pas plier sa détermination, tandis que Washington intensifie ses mesures pour asphyxier son économie. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre, reste sous contrôle iranien, avec des menaces de fermeture totale en cas de non-respect des engagements américains.
Une diplomatie au point mort malgré les appels au dialogue
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a réaffirmé vendredi que la République islamique restait « ouverte à la diplomatie », mais à condition que Washington renonce à sa stratégie de pression. Dans un message publié sur X, il a martelé : « La pression ne fonctionne pas. » Pourtant, les États-Unis ont accentué leur offensive économique, imposant de nouvelles sanctions dites « secondaires » visant les partenaires commerciaux de l’Iran, notamment sur l’or, les technologies et les actifs numériques. Plus de 60 individus, sociétés et navires ont également été ciblés pour leur rôle supposé dans le financement du régime iranien ou la fourniture d’armes.
Le détroit d’Ormuz, otage d’un bras de fer économique et militaire
Le conflit s’est recentré sur le détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transitaient avant février près de 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole. L’Iran, qui en contrôle l’accès, a menacé de le fermer définitivement si Washington ne lève pas le blocus de ses ports et ne respecte pas les termes du protocole d’accord de juin, aujourd’hui caduc. Le Qatar, médiateur dans la région, a appelé à « respecter la liberté de navigation », tandis que Téhéran discute avec Oman pour définir les modalités d’une éventuelle réouverture. Un député iranien a prévenu : en cas de non-respect des engagements, l’Iran pourrait étendre ses « actions offensives » bien au-delà de ses frontières.
Une économie iranienne sous tension, mais une résistance affichée
Malgré les difficultés économiques reconnues par le président iranien Massoud Pezeshkian, Téhéran assure que les sanctions ne lui feront « rien obtenir ». Le baril de Brent, proche de 70 dollars avant la guerre, a grimpé à 89,44 dollars vendredi, reflétant les tensions sur les approvisionnements. La Chine, partenaire économique majeur de l’Iran, a réaffirmé son soutien, qualifiant les sanctions américaines de « mesures illégales et injustifiées ». De son côté, le sénateur américain Jack Reed a critiqué la stratégie de Donald Trump, estimant qu’elle avait « significativement fragilisé » la position des États-Unis au Moyen-Orient.
Un conflit aux répercussions régionales et mondiales
Le bilan humain reste lourd : des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le Hezbollah, allié de Téhéran, a ouvert un front contre Israël. Un cessez-le-feu très précaire est en vigueur au Liban depuis juin, mais la situation reste explosive. Alors que les frappes ont ralenti ces dernières semaines, le conflit s’est mué en une guerre d’usure économique et de contrôle territorial, avec des enjeux qui dépassent largement les frontières du Moyen-Orient.