Six chefs religieux ont été enlevés samedi lors d’une réunion de prière à Talata Mafara, organisée pour soutenir la candidature de Bola Tinubu à l’élection présidentielle de 2027. Les autorités nigérianes ont confirmé l’enlèvement et poursuivent les recherches, tandis que l’incident ravive les craintes liées à la sécurité des rassemblements publics dans le nord‑ouest du pays.
Déroulement de l’enlèvement et premiers éclaircissements
Selon les informations relayées par la BBC Hausa, les six imams étaient présents à la prière lorsqu’une bande armée a fait irruption et les a détournés. Initialement, certains rapports indiquaient que l’assaut aurait eu lieu à la résidence de l’ancien gouverneur d’État de Zamfara, Abdulaziz Yari, qui avait organisé l’événement. Les forces de l’ordre ont rapidement précisé que les investigations préliminaires ne confirmaient pas ce lieu, soulignant que les victimes n’avaient pas été enlevées depuis le domicile de Yari.
Contexte politique : un rassemblement pro‑Tinubu
La prière était destinée à invoquer le succès de Bola Tinubu, président en exercice, dans sa quête d’un second mandat en 2027. Abdulaziz Yari, ancien gouverneur de Zamfara et président du Conseil de campagne présidentielle de Tinubu, avait orchestré la mobilisation des chefs religieux afin de galvaniser le soutien populaire dans la région. Cette initiative illustre la stratégie du parti au pouvoir, qui mise sur l’appui des leaders spirituels pour renforcer sa légitimité électorale.
Sécurité précaire dans le nord‑ouest nigérian
Le détournement s’inscrit dans une série d’attaques et d’enlèvements perpétrés par des groupes armés dans le nord‑ouest du Nigeria, malgré les opérations militaires en cours. Les bandits, souvent motivés par le profit et le contrôle territorial, ciblent régulièrement des rassemblements publics, des écoles et des villages, créant un climat d’insécurité persistante. L’incident de Zamfara rappelle les défis que les autorités fédérales et locales rencontrent pour protéger les citoyens et garantir la liberté de réunion, un enjeu crucial à l’approche des échéances électorales.